






…Combien de fois, durant My Week with Marilyn, l'on se retrouve, tel le personnage de Colin (Eddie Redmayne) à travers qui l'on perçoit le récit, avec ce sourire incroyablement niais figé sur nos lèvres, lorsque l'on contemple Michelle Williams-Marilyn Monroe ne faire vraiment plus qu'un, pour se déhancher lors de n° chantés et dansés et tout ensorceler autour d'elle…
Dans ce long-métrage retraçant l'expérience en production d'un jeune cinéphile qui se retrouva sur le plateau de tournage de The Sleeping Prince – une comédie légère réunissant les monstres sacrés qu'étaient et sont toujours Sir Laurence Olivier (Kenneth Branagh) et Marilyn Monroe (Michelle Williams) – on sent tout d'abord un plaisir communicatif à camper des icônes du cinéma et du théâtre, ainsi que leurs cocasseries. Ainsi l'on découvre, à travers les caractères non seulement d'Olivier et de Monroe, mais aussi d'autres personnages, l'envers du décor d'un tournage particulier (pensez à Arthur Miller, dramaturge et troisième mari de la blonde américaine, ou encore Paula Strasberg, sa coach personnelle). En effet, il y a une jouissance, pour le spectateur, dans le fait de découvrir ces stars légendaires à bout. Les coups de sang d'un homme odieux, capricieux et dissimulé, adepte de l'école d'un théâtre classique (encore une grande performance de Branagh, déplaçant articulation et timbre vocal afin d'incarner son prédécesseur en matière de maîtrise Shakespearienne) versus les épuisements et l’absence de confiance d'une Marilyn adepte de la Méthode, mais tétanisée en face de grands et talentueux acteurs.
C'est dans ce contexte de tensions et de désaccords artistiques et caractériels que fleurit une douce et légère romance – avec verdure anglaise en toile de fond –, un assistant à la direction devenant le complice très (trop) proche de l'icône glamour. Et si ce n'était pour quelques brefs instants où deux-trois notes de piano trop doucereuses nous amènent dans la mièvrerie, on se surprend à fondre dans ce film qui fait tout pour rendre sa Marilyn irrésistible. Même dans les moments délicats et de faiblesse, en privé, où l'on (re)découvre une fragilité quasi enfantine et ce besoin maladif d'être sans cesse rassurée, Williams fait conserver à son personnage cette charge sensuelle - quasi sexuelle - présente, au final, dans chaque mot, geste, ou regard posé. Son charme et son instinct naturels sont son talent, comme nous l'avouera Olivier, un acteur voulant à tout prix être une star, qui rencontra une star voulant à tout prix être une actrice.