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Affiche Film Moonrise Kingdom

Moonrise Kingdom

Poster - Film Moonrise Kingdom
Sorti le 16 Mai 2012 · 1h34 · Comédie
Réalisé par Wes Anderson
Avec Bruce Willis, Edward Norton, Bob Balaban, Bill Murray et Seamus Davey-Fitzpatrick.
« Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, au coeur de l'été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s'enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s'approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté. »

Minutieux, fantasque et attachant


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

" Bienvenue dans mon monde ! ". C’est ainsi que pourrait commencer chaque film de Wes Anderson. Ce réalisateur autodidacte, dandy texan et ancien étudiant de philosophie, a en effet réussi en quelques années à imposer et développer un univers singulier, original et funambulesque. On serait même en mesure de parler d’une patte Wes Anderson. Et ce, à tous niveaux : il y a des personnages andersoniens, une esthétique andersonienne, des cadrages, une ambiance, des chansons qui ne font qu’aboutir et accomplir son style propre, reconnaissable parmi cent autres. Mais il y a encore une « Wes Anderson Family » dont il faut parler. En commençant par les frangins Wilson bien sûr, l’inénarrable et débonnaire Bill Murray, mais aussi le clan Coppola avec Jason Schwartzman, neveu du maestro, ou Roman Coppola, le fils, qui co-signe le scénario de The Darjeeling Limited et aujourd’hui de Moonrise Kingdom. Au casting doré de ce dernier s’ajoute cependant aussi quelques nouvelles têtes qui viennent renouveler l’effectif : tel Edward Norton, Tilda Swinton, Bruce Willis ou encore Frances McDormand.

 

Mais le film alors ? Et bien le film se déguste, plus qu’il ne se dévore. Il ressemble à une friandise, un bonbon acidulé qu’on laisserait fondre longtemps dans sa bouche. C’est sucré et doux, mais ça ne manque pas pour autant de consistance et de piquant. On pourrait parler d’une sorte de « mélan-comédie » aux ambiances simples, naïves et décorées dans lesquelles on avance un peu à la manière d’un jeu de l’oie. Savant mélange entre nostalgie et légèreté ludique. Un univers où il fait bon se rendre, et qui sait aussi d'ailleurs s’apprécier de l’extérieur, pour ses qualités formelles. Les plans sont toujours construits avec ingéniosité, la composition est extrêmement soignée, jouant de la symétrie avec bonheur, et les mouvements de caméra découpent l’action avec autant de malice que de précision. Signée Robert Yeoman, la photographie participe ainsi pour beaucoup à cette déréalisation du monde qui fait tout le charme de l’imaginaire andersonien et qui arrive à filmer les enfants comme des adultes, les adultes comme des enfants et les demeures familiales comme des maisons de poupées.

 

Un film en soi brillant, mais d’un éclat discret, touchant, inventif et sensible. Mis en scène avec intelligence et brio, mais manquant peut-être de quelque prétention et ne creusant pas aussi loin les liens familiaux comme il avait su le faire si bien dans certains de ses films précédents. Mais peu importe, ce n’était pas l’objet ici. Lequel était-il d’ailleurs ? Celui de mettre en scène des scènes cocasses, des personnages qui le soient autant et, là au milieu, y planter deux enfants portés par un amour sans concession. Deux êtres qui dans l’inconscience de leur jeunesse s’enfuient pour mieux être ensemble, fuguent vivre leur amour naissant et se réfugient sous une tente jaune à l’abri du temps et des grandes personnes.

 

Une errance bucolique, tendre et fantaisiste dans des couleurs pastel et bigarrées, où personne ne semble avoir envie de quitter ces atmosphères de quasi bande dessinée. A la fin, on est alors peut-être un peu comme cette Suzy qui sur le dernier plan s’arrête soudainement, comme si elle hésitait une seconde à sortir du cadre, à partir. C’est un peu nous ça. On est bien chez Wes Anderson, on n’a pas tant envie que ça se termine et qu’il faille rejoindre le monde, les adultes et tous leurs embarras et turpitudes. Mais, au fond, comme Suzy, ça finit bien par arriver, alors on sert les dents et on y va. Dans l’attente d’un prochain Wes Anderson ou de quoi que ce soit d’autre, qui sache un peu nous arracher, un instant, à la platitude du monde et à la fadeur du réel.

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