






Comment faire un film sur l’école après l’excellent Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d’or 2008 ? Lorsqu’il s’agit de parler d’intégration et d’éducation, cette grande œuvre polémique se présente en effet dans la tête de nombreux spectateurs francophones comme une référence avec laquelle il est difficile de rivaliser. Il fallait donc faire autre chose.
Bachir Lahzar, en montrant d’autres personnages, sur un autre ton, et en s’attardant sur tout ce que l’on ne nous montre pas dans le scepticisme désespéré d’Entre les murs, se révèle lui être un film volontairement optimiste et courageux, incroyablement doux et touchant. Présenté par Olivier Père, directeur artistique du festival de Locarno, comme son « coup de cœur », Bachir Lahzar va effectivement droit au cœur.
Dans une école, il y a quantité de choses drôles, touchantes, incroyables qui se passent, et l’extraordinaire habileté de Philippe Falardeau est ici de nous retransmettre, à travers les déambulations de ce professeur d’origine algérienne fraîchement débarqué, des moments d’une douceur et d’une délicatesse rare. Qu’importe l’aspect peut-être un petit peu trop gentil de la trame et des personnages, Bachir Lahzar est le plus joli film de l’année !