






« Mon Pire cauchemar s'inscrit dans la veine de la comédie romantique, certes, mais elle reste une comédie romantique bien crûe, sans-gêne, à l'image du héros Patrick (Benoît Poelvoorde) qui "fourre du boudin" et se bourre la gueule mousse sur mousse et piquette sur piquette. Les répliques cash, vulgaires et désarmantes du looser belge font mouche sur les monochromes et autres photographies conceptuelles de la galerie d'Agathe (Isabelle Huppert): comédie populaire sur fond de tableau bobo.
Réunir un couple évoluant dans un monde définit par l'avant-garde et les concepts (l'édition et l'art contemporain) et un personnage terre-à-terre qui lutte pour ses besoins fondamentaux, apporte en effet un décalage attendu mais diablement efficace et pas si simpliste que ça, car si c'est à travers l'approche de l'art que le fossé se creuse entre le trio de base, c'est également la galerie d'Agathe qui va les réunir à plusieurs reprises. Passé la bonne surprise des "contraires s'attirent", la deuxième moitié du film, moins énergisante, semble plus longuette et inégale, mais peut-on seulement exiger une logique ou une constance à des protagonistes borderline et en pleine crise existentielle?
La réalisatrice Anne Fontaine soulignait qu'elle ne voulait pas faire le film avec d'autres acteurs que Poelvoorde et Huppert. Heureusement que ces derniers ont accepté, car le choix des comédiens pour cette comédie romantique et sociale est certainement son aspect le plus réussi. Poelvoorde accomplit comme à son habitude le passage du héros tragique au beauf sans fausse note, Dussolier touche en émerveillé de la Vie et Huppert brille en bobo coince-coince et castratrice qui se découvre lentement une passion pour la Belgique profonde. Et puis il y a Virginie Efira, légère et radieuse, personnification d'une jeunesse et énergie retrouvables et retrouvées, qui illumine le film de ses vibes new-age. Une très jolie complicité d'acteurs à l'écran. »