






Simple et solide, Mirages est écrit sans facilité et filmé sans artifices. Très fin, le scénario repose sur une énigme qui se renouvelle périodiquement, à chaque fois qu’on croit l’avoir résolue. Assez crue, la photographie nourrit le parti pris réaliste du jeune directeur Talal Selhami. Pourtant, Mirages se regarde moins comme le récit d’une histoire réelle que comme une allégorie sociale, celle de la compétitivité professionnelle. Le principal mirage du film, n’est-ce pas le rêve de Jamal (Mustapha El Houari), qui pense que le bonheur s’atteint par le chemin ascensionnel de la réussite au travail ?
Cependant, les cinq personnages nous emmènent trop loin dans le désert, trop loin dans les méandres de leurs angoisses et de leurs désirs, pour ne pas faire un pas supplémentaire vers un message final plus fort et plus précis. Le massacre des dernières minutes assèche l’ensemble. La conclusion trop largement ouverte débouche sur du vide.