






« Where the wild things are commence bien: il y a d'abord cette jolie BO d'indie rock qui contraste et adoucit un montage relativement serré et les mouvements brusques de caméra. Puis, cette atmosphère hivernale d'une petite ville américaine qui semble un peu loin de tout. Et enfin, Max, un garçon un peu solitaire qui cherche à se divertir, invente des jeux, construit un igloo, des forts et se raconte des histoires pour tromper son ennui. Spike Jonze arrive ainsi très vite à nous amener dans une ambiance qui se révèle à la fois douce, agréable et très personnelle. C'est avec ce même talent qu'il entreprend ensuite de nous transporter dans le monde imaginaire de Max qui, un beau soir, prend la fuite de chez lui après une succession de contrariétés.
L'univers rêvé, dans lequel on le retrouve sans trop d'explications, va d'abord s'avérer plein de curiosités, de bonnes idées et d'originalité. Mais malgré la singularité de ce monde fantastique que Jonze a réussi créer et mettre en place, l'histoire va petit à petit s'aplatir et notre désintérêt pour le destin des personnages accroître. Est-ce à cause de cet excès d'enchantement et de merveilleux qui finit par lasser? Ou peut-être plutôt en raison du manque de danger, de risque, l'absence de perspectives où le scénario pourrait se renverser, changer de voie ? Les métaphores anthropologiques ou philosophico-sociales ne sauront pas rattraper l'ennui qui, hélas, finit par nous envahir. Et il n'y aura plus rien à faire: le film n'est alors progressivement plus celui qu'on pressentait. Et c'est bien dommage. »