






« Il suffit de quelques accords, d'une mélodie, d'un rythme, d'un fredonnement pour reconnaître son style. Son timbre de voix, suave, envoûtant, invite à la rêverie. Ses compositions et ses textes exhalent un parfum d'Afrique du sud, ils sont d'une sincérité et d'une originalité frappante. C'est que la chanteuse de world jazz Miriam Makeba, contrainte de quitter son pays natal sous le régime de l'Apartheid en 1959, a su puiser sa force dans la musique et s'engager à travers elle pour le droit à la différence - considérant cependant ne pas faire de politique, mais « chanter la Vérité », une formulation profonde qui semble illustrer la volonté de l'artiste de faire adopter au monde un regard nouveau sur le continent africain, au-delà de toute doctrine.
Mika Kaurismäki rend un fabuleux hommage à la chanteuse originaire de Johannesburg en lui consacrant un documentaire. Avec son accord et peu avant sa mort, il a su réunir ses proches. Harry Belafonte, son petit fils Nelson Lumumba Lee ou encore Angélique Kidjo retracent son parcours, partagent avec le spectateur leurs souvenirs. Il ne fait aucun doute que tous admirent leur Miriam Makeba, qui a été la première personne de couleur à avoir prié les Nations Unies de boycotter le régime de l'Apartheid en 1963. Archives, extraits de concerts, d'entretiens, de discours : de ces bribes de vie émane une énergie débordante, on y voit une femme certes sensible, mais ô combien courageuse. Une femme aux ressources multiples, généreuse, dans la vie comme dans sa musique. Une artiste, une vraie de vrai. Une battante... Une Mama Africa, qui n'a pas été reconnue à sa juste valeur, comme l'a si bien compris le réalisateur.
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