






La première partie du film est relativement intéressante : une tension sexuelle suffocante entre Jean et Mademoiselle Chambon, l’enseignante, se tisse petit à petit. Leurs échanges verbaux ne sont rien. Tous se passe au niveau du corps, des regards et de la gêne. L’homme est tout d’abord aveugle de l’intérêt que lui porte la femme, « protégé » par son rôle de mari et de père. Puis, comme s’il le désirait inconsciemment, il succombe au charme innocent et fragile de son interlocutrice. Il faut dire qu’elle déploie un jeu de séduction proche de celui de la vierge curieuse, admiratrice des Lettres et violonistes modeste. Tandis que lui est viril. Il est ouvrier. La Belle et la Bête.
Une première partie, disais-je, plus ou moins intéressante si l’on considère que c’est une sorte de conte qui stéréotype ses personnages pour divertir ses lecteurs. Peut-être que cette atmosphère étrange doit un peu à sa source d’inspiration, le récit éponyme d’Eric Holder sorti en 1996.
Mais arrive la suite du film. On commence à sérieusement s’ennuyer. On prévoit. Pire : on prévoit juste. On s’enfonce dans son fauteuil pour ne plus s’y relever. La panne d’imagination, ou la pression des financiers, fit que la précision avec laquelle la première partie cinématographise la séduction de deux personnages socialement normés mais néanmoins atypiques, s’alourdit monstrueusement après une quarantaine de minutes de pellicules environ.
Une œuvre à voir si vous avez 50 ans et que vous pensez être attiré par la maîtresse d’école de votre enfant.