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L'ivresse de l'argent - Do-Nui mat

Poster - Film L'ivresse de l'argent
1h54 · Drame
Réalisé par Sang-soo Im
Avec Hyo-jin Kim, Yun-shik Baek, Kang-woo Kim, Ju-wan On et Maui Taylor.
« Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d'un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s'occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Youngjak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois... »

Un style boursouflé, une intrigue vaine


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

Il y a deux ans, Im Sang-soo venait sur la Croisette avec The Housemaid qui relatait l'histoire d'une jeune fille discrète, timide et sans-le-sou, engagée comme employée de maison dans une famille coréenne richissime. Y était traitée la problématique de la soumission, de l’adultère, du pouvoir et des rapports de classes, dans des cadres extrêmement soignés et épurés. Avec L'Ivresse de l'argent, le cinéaste revient cette année à nouveau en Compétition Officielle avec ce film qui reprend les mêmes thèmes, le même type d’esthétique et une intrigue avec de multiples similarités, où luxe et cruauté aiment à se mélanger.

 

Im Sang-soo manque cependant toujours autant de subtilité et livre un film pareillement boursouflé et ronflant. La suggestion fait place au spectacle dans des décors ultra design et à la photographie publicitaire. Tous les personnages, impeccablement coiffés et maquillés, tirés à quatre épingles dans des costumes de luxe, évoluent dans des ambiances où la richesse s'étale de façon ostentatoire. Le tout se révèle infiniment glacial, le réalisateur ne sait masquer un peu de son obsession pour l’opulence et le pognon. Quant aux ficelles de l’intrigue, elles sont aussi basiques que vulgaires. Un vrai rouleau compresseur en somme.

 

Si The Housemaid contenait quelques séquences fascinantes, L’Ivresse de l’argent n’est, lui, qu'un jumeau dégénéré et débarrassé d'une quelconque inspiration, d'un quelconque souffle. Un film dont on a même de la peine à comprendre ce qu'il fait en Compétition à Cannes, sinon pour ses cadres qui peuvent donner l’impression d’être sublimes et brillamment composés, alors qu’ils sont juste tout droit sortis d’une publicité pour un parfum de luxe. L’autre piège serait sinon celui de penser que le cinéaste ausculterait les travers d'une société coréenne gangrénée jusqu’à l’os par la corruption et un goût immodéré de l’argent. Or, là encore, il n’y a en réalité qu’une fascination du réalisateur pour cet univers-là, sans aucune sorte de distance intéressante, et qui se permet, par dessus le marché, de faire semblant de retourner sa veste sur la fin en se laissant aller à un point de vue lourdement moralisateur. Bref, on félicitera le chef décorateur, quelques acteurs et on recommandera le travail du chef opérateur à Dior ou Chanel, mais sinon, niveau cinéma, il s’agira tout bonnement de passer son chemin.

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