






« Après « Gadjo Dilo , « Swing » ou encore « Transylvania », Tony Gatlif manie une nouvelle fois un thème qui lui est cher et qui rappelle ses racines: le peuple gitan. Dans « Liberté », rien de remarquable cependant: même si le cinéaste s'inspire de faits historiques qui méritent vivement d'être dénoncés - le régime de Vichy et sa dure répression des Tsiganes pendant la seconde guerre mondiale - le ton est parfois trop théâtral, ce qui enlève à l'histoire une partie de son sérieux. En effet, Marc Lavoine et Marie-Josée Croze, qui tiennent les rôles principaux, semblent plus réciter leurs textes que se les approprier véritablement. Toutefois, du côté des Gitans, la performance de James Thierrée est à relever. Tony Gatlif permet au petit-fils de Chaplin de mettre en avant ses dons de mime, d'acrobate et de musicien à travers le personnage de Taloche, qui semble taillé pour lui. Celui-ci occupe une place importante au sein du film: plus que ses compères, il symbolise la liberté, celle qui est scandée par le titre, celle qui s'oppose à la condition dans laquelle se retrouvent les Tsiganes. Déchiré par le malheur qui s'abat sur les siens, Taloche crie, pleure, mais continue de vivre, sans se résigner, avec fougue et espoir.
« Liberté », c'est une belle tentative, parfois maladroite, qui dévoile avec pudeur mais émotion un pan souvent méconnu de l'histoire de la France. »