






Malgré le nom de la rue dans laquelle ils habitent – Revolutionary Road –, leur famille n’a rien de révolutionnaire. Frank et April se croient et se savent différents des autres. Ils ne veulent pas se conformer à la vie « imposée » à tout nouveau couple. Pourtant, c’est dans ce conformisme poussé à l’extrême que le couple va entrer, se pliant ainsi aux règles et aux conventions de la société occidentale et aux regards d’autrui.
Cette routine dans laquelle ils rentrent remettra en cause leur amour et leur couple et fera ressortir leurs instincts les plus primaires. Entre amour et folie, rêve et réalité, espoirs et déception, le couple n’en sortira pas indemne.
Tous ces thèmes sont magnifiquement mis en scène par Sam Mendes, à qui l’on doit l’oscarisé American Beauty. Effectivement, le couple que forment Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, réunis pour la première fois à l’écran depuis Titanic, n’est pas comme les autres. Leur maison surplombe d’ailleurs les autres et la « rue révolutionnaire » elle-même. Le conformisme dans lequel il s’enlisent est lui aussi mis en scène d’une façon extrêmement frappante. Une scène, et une scène seulement, illustre parfaitement cela. Frank se rend à son travail, comme tous les jours, en train et, comme tous les jours, un flot d’hommes d’affaire, absolument tous identiques s’en déversent. Frank se distingue uniquement grâce à la caméra qui le met au centre, sans quoi, on ne ferait pas la différence entre lui ou un autre.
La folie, que l’on retrouvera dans une moindre mesure chez les deux principaux protagonistes, se manifeste via l’un des personnages secondaire, interprété avec brio par Michael Shannon. C’est seulement ce personnage, pourtant considéré comme fou, qui arrivera à cerner le plus précisément le couple – tellement précisément d’ailleurs, qu’il en trouble Frank et April. C’est lui qui est le plus proche de la réalité que vit le couple, ce qui montre à quel point les personnes saines d’esprit, les amis d’April et Frank, sont aveugles.
Autant de thèmes qu’a réussi à mettre en scène Sam Mendes, de la façon la plus pertinente possible, grâce notamment à un montage calme et simple, qui contraste avec la violence des sentiments du couple.
« Deux personnes peuvent-elles briser la routine du quotidien sans risquer de détruire leur couple ? » Cette citation, au centre de la promotion du film, le résume parfaitement bien. Sam Mendes a réussi à illustrer cette phrase d’une façon tellement parfaite, que l’on peut monter Revolutionary Road au rang d’American Beauty.
AGO