






« Stephen Meyers (Ryan 'Drive' Gosling) est le porte-parole du gouverneur démocrate Morris (George 'What else' Clooney), en lice aux primaires à l'élection présidentielle des Etats-Unis. Non seulement porte-parole, il est aussi un fervent supporter de son candidat et croit dur comme fer que c'est là l'homme qui va tout changer pour son pays. Mais lorsqu'il est étrangement contacté par le responsable de la campagne concurrente, le jeune idéaliste commence alors à s'interroger: et si le candidat idéal et au sourire si charmant dissimulait lui aussi quelque chose?
Après Good Night, and Good Luck, George Clooney continue son interrogation du système politique américain avec ce long-métrage consacré aux dérives du pouvoir et pensé comme un thriller. Efficace et humain, il repose avant tout sur un casting de choix (en plus des deux rôles principaux, on reconnaîtra en effet les bouilles de Philip Seymour Hoffman et Paul Giamatti, ou encore les attraits d’Evan Rachel Wood et Marisa Tomei), porté par un Ryan Gosling qui confirme l'intérêt que le tout Hollywood lui porte depuis quelques mois désormais. Passionnant et élégant, il est bien mené surtout parce qu'il fait se briser de manière extrêmement lente - et donc plus cruelle - les belles illusions de Stephen, qui devra alors choisir entre carrière et intégrité. Mais cette ambiance affable et jazzy dans lequel baigne le film par moments n'en enlève pas pour autant la tension créée non seulement par une pléiade de plans très rapprochés, mais aussi grâce aux rythmes précis de la bande-son.
A défaut d'être originale - les idées que le monde de la politique est rempli de scandales et trahisons, où tout le monde se révèle manipulateur ou manipulé, ne sont pas nouvelles -, cette adaptation de la pièce Farragut North du dramaturge Beau Willimon a donc le mérite d’être bien amené, avec une affiche de choix d’abord - ce qui est à noter -, et à travers une réalisation directe et intelligente nous faisant découvrir les rouages de la politique US d'une manière où l'on en oublierait même, durant la majeure partie du film, d'assister à un long-métrage de fiction. »