






« Les Chemins de la Liberté (The Way Back) est basé sur le livre témoignage The Long Walk de Slawomir Rawicz, un survivant des goulags dont la véracité n’est pas encore certifiée- certains clament qu’il n’a jamais fait partie du groupe des évadés. Quoiqu’il en soit, disons d’emblée que le nouveau long-métrage de Peter Weir n’est pas un film sur les camps soviétiques ni un vrai film d’évasion ; ceux qui attendent une histoire ingénieuse seront déçus, tant l’escapade se fait rapidement, en quasi improvisation. Et c’est tant mieux. De plus, dans les groupes d’évadés, pas de pêcheurs, de chasseurs, de médecins ou toute autre fonction qui peut se révéler utile dans la nature hostile, mais plutôt des anonymes qui développent leur capacité à survivre. Des hommes et la nature, comme ça l’était dans la réalité. Cela enlève des raccourcis scénaristiques prévisibles, bien que parfois le dit scénario cède à quelques facilités.
« Votre prison c’est la Sibérie », assène le glacial gradé responsable du goulag. Les images sont là pour le rappeler au spectateur : le réalisateur multiplie les plans rapprochés, zébrés, ou claustrophobes des mines, des dortoirs mais en effet aussi de la taïga, véritable muraille de gel et de conifères, puis adopte plus de panoramiques au fur et à mesure que les prisonniers s’enfuient dans les espaces des déserts et des steppes. On ne pourra que souligner le très beau travail sur la photographie : la Sibérie, le Désert et la Montagne deviennent des personnages à part entière. Dommage que le montage parfois un peu brutal enlève de la fluidité au périple des prisonniers, d’autant plus qu’il brusque le rythme lent et pesant du calvaire de Peter Weir.
Ce calvaire, filmé sous toutes ses coutures, ce n’est pas seulement la fatigue, la faim, la soif, le froid des forêts ou la chaleur du désert de Gobi. C’est toute une panoplie de peines physiques sournoises comme une cloque qui s’infecte, la peau qui s’irrite, des nuages de moustiques, mais aussi des tortures psychiques comme la culpabilité, le doute et la peur de l’inconnu. La performance plutôt impressionnante de tous les acteurs en petits martyrs anonymes du stalinisme ne pourra être que remarquée. A noter que le cast anglo-saxon parle russe, ou anglais avec l’accent russe. Colin Farell et Jim Sturgess sont plutôt bluffants en forçats couleur locale .