






« Ducobu, élève qui s’ingénie à trouver toutes les méthodes – bonnes ou mauvaises – pour tricher, voit son personnage passer des planches de bandes dessinées à l’écran de cinéma : transition toujours délicate, comme l’avait été dans une autre mesure celle du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny. Surtout que la bande dessinée permet certaines exagérations loufoques qui, au cinéma, ne sont que des abérrations indésirables. Comme le fameux pull rayé jaune et noir de Ducobu, hommage à des punissables d’un autre genre que sont les Daltons, qui dans la réalité cinématographique devient un surréalisme malheureux et inconvenable. Comme encore les gadgets malicieusement créés par le cancre pour mieux tricher, plausible dans l'univers de la BD, mais auxquels on ne peut raisonnablement pas croire dans le film. Bref, Philippe de Chauveron a clairement voulu être proche de la BD, mais il s’est obstiné dans son erreur.
Certes, le film est avant tout destiné au jeune public, ou aux amoureux de l’œuvre originale, mais il aurait sans doute gagné en crédibilité s’il s’était inscrit dans une ligne plus pragmatique. En ce sens, il aurait peut-être été plus judicieux d’en faire d’abord un film d’animation.
Le reste pourtant est passable, conduit par un scénario sans grande surprise, quoique divertissant ; le jeu des enfants est certes maladroit, mais sans graves conséquences ; de son côté, Elie Semoun correspond plutôt bien à M. Latouche, en professeur histérique et lunatique, accaparé par le maintien de la discipline de ses élèves et ses tentatives de séduction à l’endroit de Mlle Rateau. Mais au final, L’élève Ducobu est un film moyen, qui n’évite pas les pièges tendus dans le passage risqué du neuvième au septième art. »