






« Le dernier long-métrage d'animation de Jean-François Laguionie fait partie de ces films recélant plusieurs niveaux de lecture. Premièrement, il se présente comme un divertissement tout public, puis le récit s'articulera autour d'un débat sur les inégalités sociales pour finir sur une réflexion sur le cinéma.
Imaginant l'hypothèse poétique que les divers personnages d'une composition picturale puissent prendre vie dans l'univers créé par l'artiste, Le Tableau suscite chez son spectateur adulte une sorte d'émerveillement enfantin devant tant de couleurs et de lumière.
Face à l'injustice instaurée par les figures terminées du tableau (menées par un "bibendum" jaune dont le faste vestimentaire n'a d'égal que sa suffisance), esquisses et autres personnages inachevés décident de partir à la recherche "du peintre" afin qu'il puisse mettre un terme à cette discorde intestine. Assimilé d'une certaine façon à une divinité, "le peintre" soulève des questions qui pourraient être comprises comme une discussion théologique sur les divergences au sein de la foi judéo-chrétienne.
Ce n'est qu'au terme de la quête entreprise par les personnages pour réconcilier le créateur avec son oeuvre que l'on saisit la richesse de ce film d'animation et sa portée théorique.
Une bonne surprise. »