






« Après le succès critique et public de Two Days in Paris et La Comtesse, Julie Delpy revient à la réalisation avec le portrait d'une grande famille partie célébrer le 68ème anniversaire de la grand-mère en Bretagne, le tout à travers les souvenirs d'une mère de famille qui se revoit en gamine de onze ans faire la foire avec ses cousins.
"Portrait", c'est le terme qui qualifie le mieux ce long-métrage lent mais joyeux, vide et en même temps pleins de moments touchants ou de détails au contraire passables. Car à trop vouloir illustrer les références culturelles et sociales de la fin des années 70 sur une famille réunie autour d'un couscous (les gauchistes, les féministes, les nudistes, les colonialistes, les traumatisés de guerre d'Algérie, les soixante-huitards, la montée de la gauche en France, les fans de Sardou, de Cloclo, de Joe Dassin, de Barbara, de disco, de punk) le film manque de profondeur et caricature parfois ses personnages. Le spectateur se demande de plus vite où et pourquoi il s'est fait entraîner dans le jardin de cette fermette bretonne. S'ajoutent encore les épisodes concernant l'apprentissage de vie de la jeune Albertine, onze ans, qui danse son premier slow, tombe amoureuse d'un DJ, "devient une femme" et est témoin des problèmes relationnels et psychologiques de certains membres de sa famille . Ainsi chargées en détails mais plutôt légères dans le contenu, les scènes s'écoulent lentement avec des effets variables..
Ce polaroïd seventies se laisse finalement agréablement regarder avant tout grâce aux performances des acteurs. Eric Elmosnino. en acteur gauchiste et bohème et Vincent Lacoste en ado blasé boudeur born to be alive en tête. On recherche néanmoins toujours une motivation ou un angle derrière la photo de banquet au sortir de la salle. L'hommage à la Famille ne satisfait qu'à moitié. »