






« On a vu des comédies françaises qui se moquaient plus du public qu’elles ne le faisaient rire. Le Nom des gens n’a pas ce démérite. C’est un film engagé, courageux. Les thématiques politiques sont abordées de front : des lois réelles sont citées, des débats précis sont développés, des députés sont mentionnés. Parmi ces derniers, l’un d’eux – et pas des moindres – s’invite en personne dans le film, connectant la fiction avec la réalité et faisant croire – ou rêver – à une action possible du cinéma sur le monde. Certes, la comédie de Michel Leclerc recourt à l'exagération et à l’autodérision, mais l’héroïne « de gauche » qu’elle nous présente est un modèle de cohérence. Le sublime de ses actes transcende l’amusante invraisemblance de ses délires. On rit sur la forme ; on adhère sur le fond.
Les principales questions de l’actualité sociopolitique française – le communautarisme et l’identité nationale – sont traitées dans une perspective idéologique bien définie, mais avec humour et sans prosélytisme. Le message est explicite et argumenté : l’hybridité nationale et ethnique est le seul avenir de l’homme. Sous le couvert d’une comédie sociale et d’une peinture de mœurs, Leclerc construit un film à thèse qui, loin d’être militant ou barbant comme on pourrait s’en inquiéter, se révèle au contraire drôle, sexy, vif et touchant. Quoique toutes les séquences ne débordent pas de trouvailles heureuses, quoique la mise en scène et la photographie restent traditionnelles, Le Nom des gens est une œuvre d’art neuve, belle et, en termes philosophiques, profondément existentialiste. »