






« A l'heure où sortent sur nos écrans, afin sans doute de rentabiliser les investissements consentis dans les équipements 3D, les captations des concerts de groupes plus ou moins à la mode (si vous avez aimé voir U2 dans une salle de cinéma, tenez-vous prêts pour les Jonas Brothers), le titre de ce film pourrait prêter à confusion. Pourtant, point de « rockumentaire » ici, et encore moins de troisième dimension : si un concert constitue bel et bien le sujet de ce film, c'est à une comédie dramatique que nous avons affaire, nourrissante peut-être, mais pas des plus légères.
Il faut dire que les ingrédients qui la composent n'augurent pas d'une digestion facile: un réalisateur roumain, des acteurs russes, d'autres français, de l'argent et des idées de scénario issues d'un peu partout en Europe. Se pose alors la question récurrente pour ce type d'euromayonnaise : le cuisinier arrive-t-il à la faire monter ? Malheureusement, la réponse est, comme souvent, non.
La part humoristique, basée sur la confrontation de stéréotypes dans la lignée de Bienvenue chez les Ch'tis, fait plus soupirer que rire. Pire, lorsque le film tente de tirer les larmes des spectateurs à coup de ficelles dégoulinantes de bonnes intentions, on se prend à regretter de n'avoir pas choisi d'assister à un vrai concert, pour y goûter une émotion plus sincère. Concernant l'argument historique, si le film a le mérite de lever le voile sur l'antisémitisme qui régnait en URSS sous Brejnev, il noie immédiatement toute dénonciation en nous tirant le portrait de deux juifs d'aujourd'hui dignes des pires clichés propagandistes. Enfin, ni la mise en scène, d'aspect franchement vieillot, ni les acteurs en roue libre ne parviennent à donner à l'ensemble un goût agréable.
A défaut de faire du bien à l'estomac du cinéphile, cette pâtée indigeste pourra en revanche réjouir certaines oreilles : le concert du titre, à savoir un concerto pour violon de Tchaïkovski exécuté vers la fin du film, sauve l'oeuvre du naufrage complet. En effet, en osant malgré sa longueur l'intégrer au film dans son entier, et dans une interprétation de grande qualité, le réalisateur parvient au moins à ne pas traîner le grand compositeur dans la boue. Mais franchement, on ne voit guère le besoin d'aller le vérifier dans une salle de cinéma. »