






« class="MsoNormal">Frédéric Beigbeder se pose, dans son film L’amour dure trois ans, une question de manière très explicite : qu’est-ce que l’amour au 21ème siècle ? Peut-on encore croire à l’idéal amoureux ?
Tout-à-fait dans la veine de ses précédentes réalisations (films, romans et nouvelles), ce long-métrage réaffirme, non sans une certaine maîtrise, ce qui fait la marque de l’univers Beigbeder : un ton très cynique, un personnage principal désabusé, une certaine qualité dans l’écriture, quelques blondes maigres d’un mètre quatre-vingt, et un certain goût pour le champagne et le vomis. Mais le fait est que Beigbedder porte, au delà de l’aspect rébarbatif et enfantin de son film, un regard pénétrant sur le monde dans lequel on vit et son analyse des rapports amoureux, amicaux, professionnels et familiaux est extrêmement lucide.
Demeure donc la question : comment, avec une analyse si fine et violente des rapports humains, proposer à la fois une vision romantique de ceux-ci ? En forçant le trait. En assénant au spectateur, en même temps qu’il se rend compte de la vanité des personnages, une love story déplacée et à laquelle l’auteur ne croit, à mon avis, pas plus que nous. Le paradoxe du film résidant en ceci qu’avec une telle lucidité et un tel cynisme le baiser final n’apparaît que comme une consolation pour spectateurs post-Noël frustrés ou comme l'ultime stade cynique d'un réalisateur qui ne croit pas même en ses propres films. »