






« Plus accessible que ses films précédents, Atom Egoyan ne renonce pas pour autant à une structure fragmentée avec flashs-back, scénario tortueux, voix-off qui permet un récit dans le récit, etc. Il nous livre un vrai bon polar dans une ambiance d’époque assez bien reconstituée. On regrette, malgré les retournements de situation et le souci d’un montage soigneusement ficelé, la prévisibilité de plusieurs scènes. Le plus réussi se trouve plutôt dans ce que Egoyan appelle, à propos de l’industrie du divertissement, la « mise en jeu de la construction d’une personne ». L’approche de la psychologie des personnages est en effet réussie, leur évolution et leur complexité nous est bien rendue. On est ainsi confronté à des individus ambigus, à la personnalité équivoque et à la morale trouble. A noter encore ce presque trop classique clin d’œil à la démythification du star-system, au déshabillage des illusions qu’il véhicule et à ce goût paradoxal du spectateur qui veut à la fois préserver ses idoles, les aimer, les admirer et toucher leur intimité, soulever le voile sur ce qu’ils sont vraiment pour finir par se dire qu’il ne sont pas différents de lui-même.