






« A force de vouloir être lui, je suis peut-être en train de devenir moi.»
Lui, c'est un bourgeois. Un homme reconnu. Un homme avec une femme, une grande maison et une belle voiture.
Moi, lui, c'est Xavier Alvares. L'homme qui a grandit en Banlieue. Qui s'est battu pour fonder son entreprise d'architecture. Qui s'est hissé tant bien que mal parmi les plus grands.
Nous le comprenons vite au début du film: les désirs de Xavier Alvares sont insatiables. Sa soif de réussir l'emporte, le traîne aux pieds de Vincent Cluzel, un député ambitieux aux idées révolutionnaires. En le prenant sous son aile, Xavier pense refaire le monde et être projeté pour de bon au devant de la scène. Pourtant, au bonheur succède l'échec. Pire: l'injustice. Tout s'écroule, ou presque. Tout est à refaire.
Clovis Cornillac, dans le rôle de ce personnage aux idéaux multiples, ne rayonne que très peu. C'est que son jeu manque de naturel: il a tendance à surjouer. Le film, par moments, frôle donc l'absurde. Tout est trop bien orchestré, la magie n'opère pas aussi bien qu'elle le devrait, déconnectant parfois du grand écran les plus avertis.
Toutefois, la Sainte-Victoire nous réserve des surprises. Malgré quelques maladresses, le scénario est parsemé çà et là de répliques touchantes qui laissent à penser que François Favrat s'y est penché plus d'une fois. Une des réflexions qu'il nous offre retient notre attention: sommes-nous ce que nous sommes ou ce que nous voulons être? Est-il possible de combiner ces deux facettes? Telles sont les questions que le personnage principal semble se poser, après avoir essuyé plusieurs échecs. Malheureusement, l'idée n'est pas clairement exploitée. Peut-être parce que le film fourmille de récits enchâssés qui ne convergent pas dans le même sens... Et que les messages sont multiples. Ils nous laissent sur notre fin, dans une certaine confusion, sans marquer nos esprits d'une trace indélébile. »