Cinéma Lausanne Genève
Affiche Film La Princesse et la grenouille

La Princesse et la grenouille - The Princess and the frog

Sorti le 27 Janvier 2010 · Durée: 1h37 · Genre: Animation, Famille
Réalisé par John Musker et Ron Clements
Avec Alexis Tomassian, Richard Darbois, Liane Foly, Anthony Kavanagh et China Moses.
« Dans le quartier jazzy de la Nouvelle-Orléans, la jeune Tiana se préoccupe peu de danse et de musique : elle travaille durement comme serveuse, dans l'espoir de rassembler assez d'argent pour ouvrir son propre restaurant. Voilà longtemps qu'elle a oublié la légende de prince charmant qu'on lui lisait dans son enfance, jusqu'à ce qu'une grenouille - un prince sous l'effet d'un sortilège vaudou - lui demande un baiser... qui n'aura pas les conséquences escomptées. »

Un dessin animé de nostalgie


Critique par Timothee Lechot – Cinema.ch

« Pour La Princesse et la grenouille, Walt Disney fait machine arrière en rouvrant son studio d’animation 2D, déserté après l’insuccès de La Ferme se rebelle, en 2004. Depuis lors, les productions de Disney se faisaient en images de synthèse et en trois dimensions. Avec le rachat de Pixar, en 2006, la firme semblait confirmer définitivement ce tournant.

Rigoureusement rétrograde, le film de John Musker et Ron Clements (La Petite Sirène, Aladdin) a déjà l’air d’un autre temps. Il joue sur le regret qu’on peut avoir des dessins animés « image par image », qui mettaient leur technique simple au service d’une belle histoire. Bien conscients d’aller à contre-courant, les deux réalisateurs choisissent une aventure qui se déroule à une époque glorieuse mais révolue : l’âge d’or du jazz américain, qui correspond aussi à la décennie des premières animations de monsieur Walt Disney. Cette atmosphère nostalgique a l'avantage de souligner et d'assumer la perspective conservatrice du projet.

En vérité, on reste très proche d’Aladdin – une princesse dégourdie, un méchant sorcier, des chansons, des rêves, des animaux bavards, un balcon ouvert sur le ciel, un humour espiègle en contrepoint d'un sentimentalisme de petite fille – et d’autres classiques de Disney. Cependant, le film inclut quelques éléments modernes ou novateurs : la princesse est une femme noire et son bon père ressemble à Barack Obama. Mais surtout, les préoccupations de Tiana, qui a dix-neuf ans, sont professionnelles et pragmatiques : loin de rêver à l’amour, elle cumule deux jobs pour faire des économies dans un but précis, celui d'ouvrir son propre restaurant.

Bien sûr – et c’est la morale du film – l’amour l’emporte sur l’argent en vertu de la hiérarchie traditionnelle des valeurs : Tiana ne réussit sa carrière de restauratrice qu’après avoir cédé à des sentiments purs et désintéressés. Est-ce que les schémas du conte de fée et l’esthétique de la 2D sont immortels ? L’aspect « passéiste » de La Princesse et la grenouille présage plutôt le contraire. Mais c’est au public jeune de répondre à cette question. »

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