






« La Petite Chambre croise habilement deux thématiques qui, en elles-mêmes, ne sont pas très originales au cinéma : le deuil et la maternité. Un vieil homme revêche (Michel Bouquet), qui refuse d’entrer dans une maison de retraite, est recueilli contre son gré par une infirmière à domicile (Florence Loiret Caille). Celle-ci compense par excès de zèle l’absence inguérissable de son fils mort-né. Or le grand-père semble comprendre les rouages psychologiques d’une telle souffrance maternelle. Se conduisant souvent comme un gamin capricieux, il réussit à remplir l’espace laissé vacant par l’enfant perdu et, ainsi, il contribue au processus de deuil de l’infirmière et de son ami (Eric Caravaca). Par la même occasion, il fait aussi le deuil de son propre fils prêt à partir pour les États-Unis. Ainsi, le scénario de La Petite Chambre est schématique, mais sensible et vraisemblable. Sa grande finesse a convaincu Michel Bouquet de remonter sur un plateau de tournage pour interpréter le personnage principal. Seules les dernières minutes, augustes et conclusives, détonnent dans ce film humaniste et nuancé.
Pour leur premier long métrage cinéma, les Suissesses Stéphanie Chuat et Véronique Reymond ont donc fait des prouesses scénaristiques. Au niveau de la réalisation, elles restent proches d’une esthétique télévisuelle sans grande particularité. Telles qu’elles sont filmées, les rues de Lausanne et les Alpes valaisannes ont la même apparence froide qu’au Téléjournal. La Petite Chambre est d’ailleurs né d’un concours organisé par la Télévision Suisse romande il y a quatre ans, dont l’objectif était de produire un film susceptible de plaire aux spectateurs de nos cantons. Les réactions positives obtenues à l’édition 2010 du Festival du film de Locarno confirment la réussite du projet. »