






« Après Mio fratello è figlio unico, le réalisateur italien Daniele Luchetti revient avec, à nouveau, le talentueux Elio Germano en tête d'affiche. Le film traite de cette classe sociale que l'on appelait autrefois « prolétaire », mais qui n'a plus de mot précis aujourd'hui pour la définir et que Luchetti présente comme lucide, désenchantée, mais en même temps pleine de vie. C'est aussi l'histoire d'un personnage, Claudio, de sa famille, son entourage et son travail. Ainsi, La Nostra Vita tire également un portrait de l'Italie à l'aube de la seconde décennie du XXIème siècle. Et c'est là où nous aurions à redire, car si les acteurs sont convaincants, la réalisation très découpée, multipliant les angles, détestant les symétries, l'ordre, certains propos et certaines situations ont, eux, du mal à passer et nous laisse un peu dans l'embarras.
Comment se fait-il que ce personnage, qui nous est présenté comme un bon type, un gentil, puisse tenir des opinions aussi équivoques et ambiguës? Par exemple que les ouvriers africains sont nuls pour faire les toits, et ce, parce qu'en Afrique on a pas "l'habitude d'en voir beaucoup". Ou alors que les ouvriers immigrés sont fainéants, ne travaillent qu'avec approximation au contraire des italiens, rapides, pros et efficaces. Ou encore qu'un ouvrier immigré peut mourir dans un chantier dans l'indifférence et sans que cela n'ait une quelconque répercussion pour qui que ce soit.
Au final, le film convainc et on prend plaisir à retrouver un peu de l'Italie dans l'énergie du jeu de ses acteurs et de la manière de filmer et de mettre en scène de Luchetti. Légèrement en-dessous de Mio fratello è figlio unico, La Nostra Vita est plus intimiste, autant réaliste et engagé, mais nous laisse un peu sceptique quant à quelques propos que semble défendre son auteur, tant rien ne vient contredire le personnage qui les tient et tant ceux-ci n'ajoutent rien d'utile à la narration. »