






« On ne fait jamais assez de films pour adultes à propos des enfants; on se contente souvent d'aborder le thème universel de la relation, entre petites et grandes personnes le plus souvent, ou parfois en grande personne devenue petite, ou encore une petite personne devenue grande.
Ici, le réalisateur Yann Samuell ose enfin se retourner complètement et regarder l'enfance droit dans les yeux, après avoir longtemps tourné autour du pot (avec L'âge de raison, Jeux d'enfants, etc. ). Et le résultat est plutôt surprenant!
La Guerre des Boutons est un livre de 1912 de Louis Pergaud, mais aussi un film absolument mythique et incontournable, sorti en 1962 ; en plus de tout cela, il existe encore deux autres films (1936 et 1995) plus un opéra ayant tous pour thème centrale cette guerre des clans entre deux groupes d'enfants.
Et cette année, pratiquement en même temps, deux nouvelles adaptations surgissent: La Guerre des Boutons, de Yann Samuell, et La Nouvelle Guerre des Boutons, de Christophe Barratier.
Enorme défi s'il en est de sortir de cette masse de boutons, de géants du cinéma et de doux souvenirs de l'enfance. Pas de place pour les " couilles-molles" ! Mais Yann Samuel réussi haut la main.
Si la seule arme des enfants contre le monde est l'imaginaire, comme le dit Claude Miller, leur guerre n'en est pas moins concrète, leur quotidien réel. Dans la campagne française des années 60, le réalisateur mélange alors savamment le lourd travail de la ferme, la difficulté des devoirs, la sobriété de la vie de l'époque, au rock'n'roll naissant, aux couleurs vives des dessins à la craie et de la fête forraine, à l'amour.
Ces jeunes sont tout ce qu'il y a de plus vrais, et ils nous apprennent à savourer le plus important au cinéma : ressortir de la salle avec un énorme sourire accroché aux lèvres.
Les personnages vont grandir, arrêter cette guerre idiote ou transmettre le goût de la rivalité à leurs enfants, ils vont aller étudier ailleurs, et les jeunes acteurs qui les incarnent aussi, mais ces moments d'une enfance imaginée et pourtant si juste, à l'apothéose de l'importance que peuvent avoir les souvenirs, resteront heureusement gravés sur un coin de dvd ou de site internet. Merci monsieur Samuell./span »