






« Singulier, Kinatay du réalisateur philippin Brillante Mendoza ne risque pas de laisser son spectateur indifférent. Une caméra sans cesse en mouvement, des plans-séquences pleins de suggestion, un travail de grand labeur sur le son , des atmosphères tendues, angoissantes et un acteur principal tout en expression.
Le sujet, lui, est fort, cruel, mais peut-être trop succinct pour donner lieu à un long-métrage conséquent. Aussi, beaucoup trouverons le film long, voire très long. Et à l'ennui risque de s'ajouter la fatigue au vu des partis pris photographiques : le coeur d'une histoire se déroulant au cours d'une nuit conjugué à un souci de réalisme donne, au bout du compte, une image qui ne bénéficie d'aucunes lumières additionnelles. Alors effectivement, le tout est très obscur et l'on cherche sans cesse les points de netteté et de lumière pour saisir ce qui est en train de se jouer dans le plan. Harassant. Et puis, à ces éléments – qui ne sont pas des défauts proprement dit, mais qui rendent la lecture difficile – il y a aussi une fin en forme de grand point d'interrogation qui n'arrange rien à nous qui attendions au moins une chute capable de sauver les meubles. En somme, s'il est un des films les plus rudes et les plus originaux de la sélection, Kinatay déçoit en ce qu'il raconte peu et très lentement. »