






Il n’est pas nécessaire de rappeler tous les blockbusters adaptés des séries Marvel sortant chaque année : Hollywood aime les super-héros, et le public aussi. Surfant sur tous les aspects du genre, les producteurs ont également investi dans des films à caractère parodique, citons Handcock, My Super Ex-girlfriend, ou encore les Mystery Men, des films présentant des super-héros en difficulté ou même pas "super" du tout. La bande-annonce de Kick-Ass présageait un nouveau film dans cette lignée, l’aspect survolté en plus.
Sauf que Kick-Ass n’est pas vraiment une parodie de film de super-héros : c’est plutôt un film de super-héros déconstruit, un « comic-book postmoderne » et une « déclaration d’amour » au genre, comme aime le souligner Matthew Vaughn, réalisateur et scénariste du film. Le schéma narratif du super-héros y est, les allusions aussi : parmi les plus visibles, on notera la situation du garçon qui cache son identité secrète à ses potes et à la fille qu’il aime, l’antagonisme entre le héros et le père d’un camarade de lycée, les drames personnels des protagonistes ainsi que la morale sur le pouvoir, le scénariste retournant même la célèbre maxime que les fans de Stan Lee connaissent tous par cœur ; un grand pouvoir implique une grande responsabilité… mais aucun pouvoir signifie-t-il aucune responsabilité ? Le film propose une nouvelle façon de réfléchir le héros, à travers toutes les avancées technologiques du moment, des applications de smart-phone au nombre d’amis en terme de réseautage social. Postmoderne disait Vaughn.
Si tous ces codes sont tour à tour reproduits, mis en lumière ou retournés de manière efficace, c’est que Kick-Ass est également un comic-book. Mark Millar, auteur acclamé de Wanted, The Ultimates et Red Soh a commencé à dessiner des planches de Kick-Ass après avoir parlé de ce projet à Vaughn. Les deux auteurs ont donc créé l’histoire en parallèle, strip d’un côté et caméra de l’autre, une manière de travailler très motivante à leurs dires. Il en résulte un film frais, flashy, surexcité, potache sans être totalement stupide, et très efficace.
Kick-Ass est donc un film qui surprend. La première partie de l’histoire annonce un film tendance « teens » sur la faune du lycée avec des ados en quête d’identité, accédant à la célébrité grâce à un buzz internet et à un nombre astronomique d’amis sur myspace, mais la deuxième partie (plus lente) change la donne en révélant des personnages déchirés par des drames personnels et des problèmes de conscience. Dans un troisième temps, l’histoire s’emballe complètement et charge « full power » les scènes d’action et de vengeance. C’est exécuté façon « shoot them all », c’est efficace, c’est subtil, c’est bourrin, c’est sympa. Mention spéciale à Hit Girl (Chloë Grace Moretz), une Uma Thurman miniature au verbe recherché et à la gâchette facile.