






Difficile de parler du dernier film de Clint Eastwood. On se trouve en effet devant un objet dont on ignore s’il faut le considérer comme le dernier produit d’un réalisateur vieillissant qui entre doucement dans la sénilité, ou comme d’une leçon de mise en scène du dernier réalisateur « classique », ou encore comme d’un petit manuel d’histoire ennuyeux écrit par le professeur Clint, ou comme de son coming-out à 81 ans.
Le film vacille en effet entre ces différentes définitions et hérite de tous les défauts et toutes les « qualités » de chacune de celles-ci. Apprécierons donc ceux qui aiment le vieux Clint assagi qui décide de s’intéresser, au fond, à un sujet assez bien choisi : la vieillesse et la mort. Seront définitivement frustrés ceux qui aiment chez Eastwood les uniques choses pour lesquelles il est, au fond, vraiment fort : les regards durs, les vieilles voitures américaines et les gros fusils.
Dernier film donc ? On (je) l’espère. A moins que Clint ne reprenne son revolver et aille tirer sur des communistes ou sur des mexicains ou sur n’importes quels fléaux pour faire comprendre au public qui voudrait en faire un « réalisateur classique » qu’il est encore capable de perforer les méchants comme de la pellicule !