






« Emu lors du visionnement du documentaire "A la vie, à la mort" - sorti en 2003 - le tandem Nakache-Toledano a vu là le matériel possible d'un projet cinématographique. Ce n'est que sept années plus tard qu'ils estimeront avoir acquis la maturité nécessaire pour approcher une thématique sérieuse: le handicap physique.
Après avoir rencontré Philippe Pozzo di Borgo (premier concerné, car le film se base sur sa vie) les réalisateurs ont opté pour l'humour, se refusant à recourir à un pathos auquel le public est en voie de devenir insensible tant les ficelles en ont été épuisées.
Omar Sy et François Cluzet se partagent l'affiche dans cette comédie française. L'un interprète le rôle d'un jeune de banlieue devenu, malgré lui, l'aide-soignant du personnage tétraplégique issu de la bourgeoisie parisienne.
Jouant sur les oppositions, le film fait s'entrechoquer deux univers, deux cultures qui sembleraient antithétiques au premier abord. Au sweatshirt à capuche du premier vient s'opposer le foulard en soie du second, à l'impulsivité de l'un, l'incapacité motrice de l'autre, au raffinement intellectuel, des plaisirs plus terre-à-terre. Cependant, tous ces contrastes fusionneront pour créer une relation d'amitié, et dans une certaine mesure, cette amitié deviendra un personnage en soi, une hydre à deux têtes.
Le message véhiculé est celui du respect d'autrui. Et ce, malgré le fait que chacun des protagonistes fait l'objet de brimades; les vannes bêtes et méchantes fusant sans discontinuité, mais c'est pour mieux insister sur cette compassion faussée - s'apparentant davantage à de la condescendance - qui est venu s'implanter dans les mentalités de notre époque.
L'humour du film réside en ce que le personnage d'Omar Sy s'adresse à celui campé par François Cluzet comme il le ferait avec n'importe qui (on se réfrène pour ne pas parler "d'un semblable") sans jamais agir avec de la bienveillance complaisante, mais au contraire, ne perdant pas la moindre occasion pour s'adonner à la taquinerie.
Au final, une comédie sympathique servi par le jeu convaincant et épuré (forcément) de François Cluzet et l'enthousiasme communicatif d'Omar Sy, rappelant que c'est souvent en faisant un pas vers l'autre que l'on apprend à se connaître. »