






C’est sans la moindre audace qu’Alexandre Charlot et Franck Magnier, deux scénaristes devenus réalisateurs pour l’occasion, placent Catherine Frot au centre d’une nouvelle comédie policière, exploitant le filon ouvert par Pascal Thomas avec André Dussollier et cette même actrice dans les films Mon petit doigt m’a dit... et Le Crime est notre affaire. En effet, cette nouvelle adaptation de roman policier dans un registre burlesque s'adresse à la part la plus mollement bourgeoise du public. Les dimensions comique et policière révèlent chacune un trop béant manque d’idées pour que le film amuse longtemps ou développe un vrai suspense (quoique les réalisateurs se réclament d’Hitchcock !).
Au niveau de l’intrigue, le spectateur est peu sollicité. La situation intiale – une dactylo envoyée, contre toute attente, en mission secrète pour l’armée britannique – suggère d’emblée que l’héroïne est elle-même la cible ou l’instrument d’une machination secrète. Mais malheureusement, aucune piste (ou fausse piste) n’est ouverte à l’analyse du spectateur, qui ne peut que mettre son attention en veilleuse et subir simplement l’enchaînement des péripéties. C’est le responsable stratégique de la mission qui descend du ciel dans un hélicoptère – Deus ex machina ! – pour arrêter les méchants et expliquer aux gentils tout le détail de l’intrigue dans une scène finale platement didactique.
Au niveau de l’humour, les dialogues manquent de surprise et les clichés écossais sont exploités sans recherche. Les habitants dégénérés du petit village boivent le whisky comme de la tequila. Ils ne mangent que du haggis et semblent évoluer dans un décor de studio ou de carte postale, quoique l’équipe ait bel et bien tourné dans les paysages réels ! Au final, c’est prioritairement la performance aristocratique, pincée et courageusement sportive de Catherine Frot qui justifie cette courte errance cinématographique dans les îles britanniques.