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Affiche Film The Hobbit 1: An unexpected journey

The Hobbit 1: An unexpected journey

Poster - Film The Hobbit 1: An unexpected journey
Sorti le 12 Décembre 2012 · 2h55 · Fantastique
Réalisé par Peter Jackson
Avec Ian Holm, Cate Blanchett, Elijah Wood, Stephen Fry et Orlando Bloom.
« Hobbit pantouflard, Bilbo décide finalement de partir à l'aventure avec un magicien nommé Gandalf et une troupe de 13 Nains mené par le roi sans royaume Thorin, désireux de retrouver son trône et ses richesses volées par le terrible Smaug, dragon qui repose désormais sur les trésors souterrains de la lignée de Thorin, dans les profondeurs d'Eredor. »

Critique par Aureliane Montfort – Cinema.ch

730.

C’est le nombre de jours que le spectateur européen a dû compter, entre le moment où le premier film de la Saga du Seigneur des Anneaux était projeté dans les salles, et le moment où la quête de Frodon pour détruire l’Anneau Unique se terminait enfin dans le dernier volet de ce triptyque médiéval fantastique écrit par J.R.R. Tolkien. Lorsque la rumeur court sur un projet de porter à l’écran The Hobbit, petit roman écrit par Tolkien  pour ses enfants avant qu’il ne s’attelle à son énorme et sombre pavé retraçant les aventures de Frodo et de l’anneau, les fans et les producteurs s’agitent : Bilbo le Hobbit ? Vraiment ? Qui réalisera le film ? Qui incarnera le gentil hobbit Bilbo ? Une histoire en combien de films ? Des fantasmes, projections, questions, discussions, disputes entre Jackson et la New Line productions qui déboucheront sur près de 1825 jours (5 ans) d’attente pour tous les afficionados de la Terre du Milieu. Car le voici.

Mais peut-on néanmoins comparer ces deux films ? Le premier, basé sur un roman de 300 pages, dédié au début à un lectorat de jeunes enfants friand d’univers imaginaire, et l’autre, un volume de plus de 1000 pages aux multiples intrigues, où l’auteur, fort de la gestation de son projet littéraire, y développe toute la géographie, les langues, les races, et mêmes les annales historiques de son monde fantastique ? Les deux intrigues sont certes plantées dans les mêmes univers et décors, mais le public retrouvera-t-il les mêmes sensations et souvenirs dans ce récit à structure simple, que ceux de l’adulte fresque guerrière et humaine qu’il a visionné voici près de 10 ans ? Probablement, car Peter Jackson effectue un énorme travail de filiation et de transition, confortable mais finalement complexe, puisque dans le monde littéraire, c’est le Hobbit, sorti avant le Seigneur des Anneaux, qui plantait décors et repères. Une dynamique de transition « inverse » qui occasionne des clins d’œil à des séquences que le réalisateur a filmées dans ses trois films précédents, et qui donne l’impression au spectateur de connivence de retourner dans un univers fort bien connu.

Ce qui frappe d’emblée, c’est d’abord la durée du nouveau film de Jackson, et sur ce point là, la Saga de l’Anneau et la petite histoire de Bilbo se rejoignent : 3 heures pour le premier long-métrage, et deux autres films de prévus jusqu’au retour du héros dans sa Comté natale ! On se demandera si une telle longueur était bien nécessaire aux plutôt courtes aventures du Hobbit, et si le rythme qui en résultera ne risque pas de déprécier les longs-métrages. Reste que dans ce volume tout du moins, les péripéties s’enchaînent joyeusement, sur écran vert de CGI, comme dans la splendide nature néo-zélandaise. Peu de moment contemplatifs (uniquement quelques plans panoramique de toute beauté) où l’action se ramollit : on ne s’ennuie pas. Espérons que le second volet de Bilbo apportera le même « peps » que son aîné.

Autre élément de continuation bienvenue, l’apparition des acteurs stars de la trilogie qui permet aussi un retour tout en douceur en Terre du Milieu, alors que leur personnages n’avaient pas forcément un rôle important dans l’intrigue du Hobbit, comme celui de Frodo, incarné par Elijah Wood. Au milieu des comédiens habitués aux oreilles pointues et aux perruques chevelues, le néophyte Martin Freeman s’en sort à merveille, incarnant un très cohérent et attachant Bilbo jeune, le personnage vieilli étant laissé à son interprète du Seigneur des Anneaux, Ian Holm. Notons également que certains thèmes musicaux, tel celui du « Hobbit » sont repris dès les premières images de l’introduction.

Et pourtant, malgré tous ces repères propres à ravir les fans du public, le film possède sa propre marque de fabrique, une légèreté et un humour que permet le côté moins sombre de l’intrigue. Du « comic relief » à foison grâce aux personnages des Nains, mais également une occasion de filmer une quête « rapetissée » : les personnages sont des Nains et des « Semi-Hommes », ils montent des poneys et pas des étalons des plaines du Rohan, ils ne se battent pas pour sauver le monde mais pour retrouver leur royaume, ils n’affrontent – dans ce volet du moins – non des monstres d’un autre âge mais des créatures plus « modestes » comme des gobelins et des orques, parfois avec des moyens de fortune comme des pommes de pin. Mais le souffle épique reste néanmoins présent, et se résume parfaitement par le personnage de Thorin, monarque déchu : même thème musical face au danger, même mèche sombre et regard bleu minuit qu’Aragorn dans la trilogie, même souverain sans royaume, Thorin incarne, à la différence près qu’il souhaite à tout prix retrouver son trône, le leader d’une épopée faussement miniature, celle d’un peuple prêt à tout pour reprendre ses terres et richesses confisquées par une créature sortie de l’aube des temps, épopée qui n’a en soi rien de burlesque.

Le Hobbit se présente donc comme un confortable et amusant retour en Terre du Milieu, et laisse présager de belles séquences épiques, dont les scènes les plus iconiques du roman : le face à face du jeune Hobbit, petit Siegfried aux pieds velus, avec le puissant dragon-voleur avachi dans les reliefs dorés et les rubis d’Eredor : Smaug.

365 jours.

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