






«
« Soit on aime, soit en déteste ». Cette phrase accrocheuse, facile et surtout banale à souhait reflète pourtant bien toute la tension que l’on ressent après le film. Tout d’abord, pourquoi le film est-il appréciable ? Le scénario qui a mis six mois pour être élaboré est d’une grande originalité ; l’idée de départ (quatre esprits utilisent le corps d’un dépressif pour leur propre fin) donne lieu à des situations incongrues et hilarantes. Le film n’aurait pas tout ce potentiel humoristique sans le jeu d’acteur de Cha Tae-hyun. Ses expressions faciales et ses mimiques, qui entre autre nous permettent d’identifier quel fantôme le hante, sont très bien travaillées ; les changements brusques de personnalité de Tae-hyun soulèvent souvent des rires dans la salle comble. Mais le film possède aussi ses moments tragiques – l’histoire est tout de même centrée sur le thème de la solitude (thème dont le réalisateur va réutiliser pour son prochain film). Et c’est justement l’exploitation de ce coté « tragique » qui nous empêche d’apprécier totalement le film.
Il semble que le réalisateur Kim Young-tak abuse du pathétique – pathétique au sens grec– et cherche à tout prix à faire pleurer la salle. Tout est bon pour bousculer les émotions du public : musique aux violons altos intenses, femmes en pleurs, héros solitaire au passé tragique, … Hello Ghost déborde d’élément à la teneur pathétique.
Ce qu’on peut reprocher à Hello Ghost est d’user des mêmes outils, des mêmes méthodes que les films tragico-comique standard (pour ne pas dire hollywoodien). Mais il faut avouer que cela est efficace ; durant les vingt dernières minutes, le pathos du film entre dans une terrible emphase où spectatrices comme spectateurs finissent par entamer leurs derniers mouchoirs.
De plus, dès que les possessions des esprits cessent, le comique du film laisse place, en deuxième partie, à une romance au format standard et surtout une fin très « grand public » – le film a tout de même, rappelons-le, « explosé le box-office coréen ».
En bref, Hello Ghost possède un scénario très original et son acteur principal est remarquablement émouvant. Il est dommage que le film tombe dans un kitsch si pathétique, si facile… Pourtant, d’après les bruits de couloirs, Hello Ghost a de fortes chances d’être promu meilleur film asiatique de l’édition 2011 du NIFFF. »