






« Le jeune réalisateur Tim Fehlbaum a tapé dans l'oeil de Roland Emmerich, grand maître ès catastrophes et fins de mondes avec son projet de film post-apocalyptique où la planète se mue en une fournaise mortelle. Ainsi associé pour son premier film à un tel nom du cinéma "de destruction", c'est beaucoup de pression pour le jeune cinéaste balois: invité pour présenter son long-métrage sur la Piazza Grande du Festival de Locarno 2011, le jeune homme, visiblement très nerveux et ému, n'a pas vraiment réussi à parler des influences qui l'ont guidé dans son projet. Le spectateur averti s'en chargera néanmoins.
L'intrigue emprunte en effet beaucoup à plusieurs scénarios du genre, avec un classique schéma de retour au barbarisme ou de l'organisation d'une hiérarchie de groupe pour la survie, avec un groupe rival presque invisible qui cherche à les détruire. Le film a néanmoins le mérite de dévoiler lentement cet univers codé, en présentant d'abord des scènes où le spectateur est plongé dans l'intimité des héros, calfeutrés dans la vieille voiture poussiéreuse qui les prive de la vision du paysage désert ou de l'ennemi sournois. Le reste s'enchaîne logiquement et sans trop de surprises - parfois avec des facilités de scénario- mais de manière efficace. C'est plutôt par la photographie que le film se distingue.
Sans être renversant ou innovateur, le beau travail du traitement des couleurs et de la lumière est en effet à souligner: la lumière jaune, éblouissante et mortelle ainsi que la farine utilisée pour "empoussiérer" les protagonistes parviennent à faire muter le paysage en un véritable univers mort de cendres jaunes. On ne ressent pas les exigences d'un petit budget derrière les images et on se laisse volontiers croire que le monde brûle sous un soleil de plomb et se désintègre en particules. L'équipe a de plus profité d'un incendie près du lieu de tournage, en Corse, pour rendre leurs contrées ocres et poussiéreuses plus réelles.. »