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Affiche Film Hanezu no tsuki

Hanezu no tsuki

Poster - Film Hanezu no tsuki
Sorti le 11 Janvier 2012 · 1h31
Réalisé par Naomi Kawase
Avec Tôta Komizu, Hako Ohshima et Norio Nishikawa.
« La région d'Asuka, à Nara, est le berceau du Japon. Ici, il y a longtemps, vivaient ceux qui se satisfaisaient du plaisir de l'attente. Le peuple moderne, ayant apparemment perdu ce sens de l'attente, semble incapable d'être reconnaissant du présent, s'accrochant à l'illusion que toute chose avance selon le plan bien précis de chacun. Takumi et Kayoko, héritant des espoirs déchus de leurs grand-parents, passent leur vie dans ces montagnes. Leur histoire est universelle, à l'image des âmes innumérables qui se sont accumulées dans cette contrée du monde. »

Et vas-y que je te filme la toute beauté d'une goutte de rosée au petit matin!


Critique par Mathieu Poget – Cinema.ch

« Il est de ces films dont on a l'impression d'être complètement passé à côté. Hanezu No Tsuki fait partie de ceux-là. Ce n'est pas que l'on se dise qu'on a pas vu là où il serait censé y avoir chef-d'oeuvre, c'est juste que sachant qu'environ 2000 films se portent candidats chaque année à Cannes et que seulement une vingtaine sont les heureux élus pour la Compétition Officielle, comment se fait-il donc que l'on choisisse de retenir une oeuvre comme celle-là? On regrette d'avoir à le dire, mais Hanezu No Tsuki ressemble à cent autres films et synthétise un bon nombre de clichés récurrents du cinéma asiatique. C'est dur, mais semblerait qu'il l'a quand même bien cherché...

On relèvera pour commencer le rythme de l'histoire terriblement lent, puis ces personnages qui ont l'air de s'excuser d'être là, les phrases prononcées dans un murmure comme pour préserver l'harmonie du monde. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. On a également droit à une défilade de plans sur des rizières et la pluie qui tombe. Le scénario, quant à lui, a la fausse bonne idée de basculer soudainement dans un tragique imprévisible et qui paraît du coup complètement incongru. Et que dire de cette détermination bornée à toujours vouloir ramener l'homme à ses relations intimes avec la nature? Certes, il s'agit d'apprivoiser une culture qui n'est pas la nôtre, qu'un effort de notre part est requis, que le minimum est de s'ouvrir à autrui en se débarrassant - autant qu'il soit possible - de nos références, habitus et valeurs, mais est-ce, malgré tout, bien utile de ruminer toujours ce même type d'images? Que ce soit, en gros plan, les pierres mouillées, le bruit d'une fraise que l'on croque, la rosée sur un brin d'herbe et les nids d'hirondelles? Franchement... Pas un air de déjà-vu, non?
Pas un peu l'impression d'avoir affaire à une pseudo-poésie au rabais?

Et ce n'est pas le parti pris de filmer en vidéo, avec une caméra souvent branlante et maladroite, à l'image pleine de grain dès lors que l'on se trouve en intérieur (mais pas seulement!), qui va rehausser l'intérêt que l'on peut porter à ce long-métrage. Bref, on a affaire, avec
Hanezu No Tsuki, à une sorte de fable naturaliste - "méditation fragile" diront d'autres... - que l'on ne se permettra même pas de qualifier de vaine, tant l'incompréhension nous saisit lorsqu'on nous rabâche l'intérêt poétique et sensible que l'on aurait pas su voir. A croire qu'on est des ours qui auraient la particularité génétique d'être en plus aveugles et ethnocentrés. Drôles de bêtes...

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