






« class="MsoNormal">Han Jia fait partie de ces films totalement inattendus qui vous laissent avec la sensation d’avoir eu le privilège de voir un vrai petit bijou.
L’histoire se déroule dans un petit village du Nord de la Chine, village où il ne se passe absolument jamais rien. Comme le titre anglais l’indique (Winter Vacacion), nous sommes pendant les vacances d’hiver. Dès les premières images, le ton est donné : Han Jian n’est pas un film que l’on peut qualifier de dynamique. Chaque plan dure au minimum trois minutes et les dialogues mis bout à bout ne doivent pas en durer plus de quinze.
Pourtant, alors que nombre de films auraient pu profondément nous ennuyer, comme beaucoup l’ont fait dans cette compétition, celui-ci nous enchante.
Tout est filmé en plan fixe frontal et ce sont ainsi de véritables tableaux qui se peignent devant nous. Les personnages bougent très peu, sortent parfois du plan mais y reviennent et se replacent de la même façon. De nombreux plans se répètent, comme si nous assistions tout le temps à la même journée qui se reproduit indéfiniment.
Mais au delà de cette esthétique, les personnages, les dialogues et le ton du film sont absolument délicieux. Nous assistons au quotidien de quatre adolescents désœuvrés et à celui de leur famille, dont la vie est aussi peu palpitante que celle de leurs enfants. Alors que beaucoup d’évènements nous sembleraient complètement anodins, ils apparaissent aux protagonistes comme extra ordinaires. Ainsi un bonnet de laine remplit dix minutes de leur temps, tandis qu’ils s’amusent toute une matinée avec un mini moulin à vent. A première vue, on pense qu’ils s’ennuient plus que profondément et que c’est ce qui risque fortement de nous arriver. Mais rien de cela n'est vrai.
Car tout d’abord, la force de ce film réside dans sa lenteur, ses dialogues et le ton monocorde qui les accompagnent. L’inexpressivité de chacun des personnages mêlé à ce ton rend hilarant la moindre scène, la moindre parole. Outre la subtilité de ces mots qu’il faut souligner (il faut malgré tout une certaine qualité pour rendre le tout d’une extrême finesse), la mise en scène les élève à un tout autre niveau. Car finalement ce n’est pas de l’ennui qui est filmé, mais bien l’absence de communication et de relationnel entre tous ces personnages. Leur absence de but et de liberté d’action (car finalement, que faire quand il n’y a absolument rien à faire ?), leur désoeuvrement, tout vous saute aux yeux.
Han Jia n’est donc pas seulement bien filmé et drôle, c’est un film qui réfléchit, qui possède une âme. Une véritable bouffée d’air frais quand on sait combien la platitude de certains films nous ont minés. Courez-y ! »