






« On sait que la délicatesse n'est pas un concept très fréquent dans les films des frères Farelly, Hall Pass n'échappe pas à la règle: c'est bien du potache, du vulgaire et du mauvais goût atténués par de bons sentiments finaux qui tâchent l'écran pendant près d'une heure et demie. Ce qui peine, c'est qu'il n'y a finalement que peu de folie dans cette histoire, un gros problème puisque le sujet du film est bien de montrer les actions et réactions de deux mâles mariés, casés et en mal d'aventures sexuelles à qui leurs femmes ont donné carte blanche pendant une semaine. La normalité et le bon sens l'emporteraient-ils finalement sur les fantasmes des quadragénaires rêvant de revivre leurs glorieuses soirées de drague à la fac, laissant le spectateur sur sa faim? On ne sait si on peut appliquer un tel concept "profond" sur une intrigue légère à l'humour bien gras.
Farce oblige, les protagonistes sont plus des types (des gamins attardés de 40 ans) que des personnages détaillés et les clichés hommes-femmes sont surlignés, sauf sur la fin, à l'heure de la morale bien pensante, où la sensibilité ressort finalement du coeur et des souvenirs universitaires d'un grand gaillard de 40 ans. Owen Wilson et Jason Sudeikis font bien leur travail, mais ils restent néanmoins dans leur registre comique habituel. Rien de nouveau, quelques situations comiques, et toujours cette absence de folie ou de décalé.
Peut-être que les spectateurs masculins y trouveront leur compte lors d'une soirée entre potes. Le spectateur moyen sourira certainement, mais risque aussi de fort s'ennuyer et de soupirer devant la morale finale bien-pensante, faussement et mollement atténuée par une dernière réplique pas très classe. »