






« Nous sommes à notre époque. Le cardinal chargé des fonctions cérémonielles monte au balcon de la basilique Saint-Pierre afin de révéler aux romains et au monde l'identité du nouveau pape, élu à l'issue d'un conclave: « Habemus Papam! » (« Nous avons un pape! ») dit-il. Seulement voilà, le nouveau pape, assis derrière lui, est pris d'une soudaine crise de panique, ne parvient pas à venir se présenter à la foule et s'enfuit comme un gosse dans ses appartements. Repli sur soi, doutes et incapacité à assumer ses nouvelles fonctions, le pape est en proie à ce que l'on peut tout simplement appeler... une crise existentielle. Les cardinaux craignent alors pour la réputation de l'Eglise catholique, pour son image, essaient alors de cacher à la presse et aux fidèles la situation, et prétextent différentes explications en attendant que le pape se remette. Mais le temps passe et l'état de ce dernier ne semble s'arranger. Il est alors pris comme décision ultime de faire intervenir le meilleur psychanalyste de Rome auprès du souverain pontife...
Un début de film en somme très accrocheur, vif, au sujet plus qu'original et qui s'avère traité avec beaucoup de culot et de drôlerie. La confrontation entre foi et psychanalyse semble prometteuse et capable de donner lieu à de grands moments. Malheureusement, Moretti quitte certainement trop vite son sujet, ne cherche pas à le traiter en profondeur et va préférer rapidement d'autres directions et se concentrer sur la personnalité du pape et ses errances dans la capitale italienne.
Un long-métrage léger et plaisant où Moretti prend un malin plaisir à peindre ces hommes de foi comme de simples personnes, avec leurs défauts, leur trivialité et leur excentricité. Un film au fond très italien et très commedia dell'arte où l'on manque tout de même de s'ennuyer par moments si l'on est peu réceptif au monde religieux (et a fortiori catholique). Encore que, on l'a bien compris, il s'agit bien avant tout de justement tourner celui-ci en dérision (et non au ridicule) et de s'amuser avec la cocasserie d'un tel pitch de départ. A ce sujet, on rappellera, pour l'anecdote, que Jean-Paul 1er, à peine élu en 1978, prononça ces mots en latin: « Tempesta magna est super me » (« Une grande tempête est sur moi »). De santé fragile, il succomba 33 jours plus tard... Comme quoi la perspective volontairement très théâtralisée qu'offre ici Moretti n'est pas si abracadabrante et farfelue que ça. »