65th Cannes Film Festival
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Policeman - Ha-shoter

Poster - Film Policeman
1h47 · Drame
Réalisé par Nadav Lapid
Avec Meital Barda, Shaul Mizrahi, Yiftach Klein, Michael Moshonov et Yaara Pelzig.
« Yaron se trouve au coeur d'un groupe de policiers d'élite appartenant à une unité anti-terroriste de la police israélienne. Ses compagnons et lui sont l'ultime rempart face à «l'ennemi arabe». Yaron adore son unité et sa camaraderie masculine. Il aime aussi sa femme qui est sur le point d'accoucher. Sa rencontre avec un groupe violent et radical va le bouleverser en le confrontant non seulement à la guerre des classes israéliennes mais également à celle qu'il se livre à l'intérieur de lui-même. »

Deux visages d'Israël.


Critique par Aureliane Montfort – Cinema.ch

« Bien que Hashoter (Le Policier) introduise un seul personnage dans son titre, il suit deux groupes de protagonistes bien définis représentant deux visages possibles des Juifs d'Israël. D'un côté Yaron, un policier trentenaire d'une unité d'intervention, spécialiste du terrorisme de l'"ennemi arabe", de l'autre Shira et ses trois camarades, des jeunes d'extrême-gauche malades de vivre dans un Etat où les inégalités sociales sont si grandes. A l'instar de ce binôme, le film se construit en deux parties, premièrement en montrant le quotidien de Yaron, entre ses activités sportives avec ses camarades, son comportement raciste envers les Palestiniens et la tendresse qu'il porte à sa femme enceinte, bientôt à terme; de l'autre les préparatifs du groupuscule de terroristes, à travers le maniement d'armes, les théories politiques et la rédaction d'un discours propagandiste fort. Les deux unités sont filmées comme deux blocs, sans transitions ou retour à la situation des autres groupes de personnages, ce qui amplifie le choc lors de la rencontre entre les autorités et les jeunes criminels, à la fin du film. Pourtant, on ne peut s'empêcher de regretter plus de fluidité ou de subtilité à l'écran.

A première vue, rien ne se distingue dans cette représentation de "fait divers" de Tel Aviv: la réalisation, la photographie et le jeu restant sobres.  L'originalité de Hashoter se retrouve dans son angle politique - du moins pour le spectateur occidental habitué à visualier Israël à travers les journaux télévisés - puisqu'il illustre un vrai conflit hébreux. Les Arabes sont absents à l'écran: les quelques figurants palestiniens sont filmés hors-champs et on n'est témoin de leur présence qu'à travers quelques insultes de policiers. Absents, car les vrais ennemis de Yaron dans le film sont des Juifs, ont la peau et les cheveux clairs, doublés d'un regard très bleu.

La dernière scène, intense, ouvre les yeux de Yaron, habitué à casser de l'Arabe et non des compatriotes juifs. Le jeu de regard entre le policier et la jeune femme blonde en dit long et ne dit rien tout à la fois: Yaron fait preuve de réflexion et comprend que le "mal" qui ronge son pays à plusieurs visages, mais la vraie action de l'intrigue se jouera après le final, hors écran, lorsque Yaron, symbole de l'autorité dure israélienne, se sera repositionné vis-à-vis de la sitation de son si complexe pays.

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