






« Il y a cette petite campagne triste à mourir et ces habitants aux regards las et ennuyés. Il y a les rencontres, les bières partagées dans le seul café de la région où joue, dans un coin, un pauvre accordéoniste. Et puis, un jour, il y a le départ de trois jeunes gens à la guerre. C’est alors tout un équilibre qui est rompu : pour ceux qui restent ici sans nouvelles et pour ceux qui, là-bas au front, vivent des choses auxquelles ils n’auraient jamais pu être préparés.
L’absence de musique donne lieu, pour rendre compte des atmosphères, à un gros travail sur le son qui s’avère subtil et réussi. Ce rendu brut est renforcé par le jeu « naturel » d’acteurs non-professionnels qui permet d’installer une ambiance à fleur de peau. Impeccable de ce côté-là, le problème vient, lui, du fait qu’on peine à distinguer où le réalisateur a voulu nous mener. Sous couvert de laisser une place au "travail du spectateur" – et c’est là tout à son honneur – Bruno Dumont ne parvient pas à nous faire entendre ce qu’il faut que l’on retienne de son film. On en ressort donc avec un sentiment étrange et nous vient alors cette question : "Mais, dans le fond, c’était quoi le sujet ?".