






Des qualités cinématographiques indéniables, de grandes performances d'acteurs, un histoire forte et profonde. Fish Tank, s'il ne part pas favori pour la Palme d'Or reste une des très bonnes surprises de ce début de festival de Cannes 2009. Andrea Arnold, la réalisatrice, nous entraine dans une intrigue émouvante, jamais pathétique, où des individus se débattent comme ils peuvent dans les aléas de la vie. Des personnages qui réagissent, où tout vient du ventre, des tripes, de l'émotion pure. On est est en plein dans ce cinéma, cher aux britanniques, de la « real life ».
Reste qu'avec Fish Tank, il y a peut-être cette différence qui tient en ce que le contexte social n'est toujours qu'arrière-fond et n'est jamais ce qui permet de définir un personnage. Ce n'est pas en fonction du milieu social d'où il est issu que le personnages devient intelligible pour le spectateur. Ce sont avant tout des singularités en prise avec une réalité complexe, une vie qui ne leur fait pas de cadeaux. Leurs choix ne sont jamais évidents. Il y a toute une marge dans laquelle on peut considérer leurs comportements comme discutables. Andrea Arnold aime les partis pris, leurs conséquences, ce qui n'est pas évident dans la vie, ce qui est contestable mais compréhensible, ce qui blesse, ce qui réconforte. Fish Tank est ainsi un savant mélange de tendresse, de férocité et d'êtres imparfaits qui surnagent à la surface d'une vie à la fois bien peu sympathique, mais qui sait être aussi chaleureuse.
|
|