Sorties et actualités Cinema sur cinema.ch Cinéma à Lausanne et Genève
Affiche Film Django Unchained

Django Unchained

Poster - Film Django Unchained
Sorti le 16 Janvier 2013 · 2h44
Réalisé par Quentin Tarantino
Avec Jonah Hill, Michael Parks, Evan Parke, Catherine Lambert et Franco Nero.
« Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l'acquisition de Django, un esclave qui peut l'aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu'il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu'il aura capturé les Brittle ? morts ou vifs. »

Critique par Jonathan Carballo – Cinema.ch

Il est de retour pour le plus grand plaisir de ses aficionados baveux. Quentin Tarantino sort son western! Oubliez les classiques géniaux (The Man Who Killed Liberty Valance, Winchester '73, The Ox-Bow Incident, Rooster Cogburn, The Hanging Tree, The Searchers...) et leurs péripéties s'articulant autour des oppositions entre le monde civilisé et les terres sauvages peuplées de natifs emplumés, oubliez également les portraits d'une société en mutation et tout exemple de probité véhiculé par l'homme de loi s'opposant aux bandits. Django Unchained se veut un descendant de la relecture du mythe à l'italienne avec ses personnages cruels, ses anti-héros charismatiques, sa vulgarité et sa violence sans concession.

 

Si Tarantino a déjà parsemé ses précédents films d'allusions diverses, Django Unchained s'impose comme son compte-rendu du genre. Soit une synthèse originale qui vient, comme à son habitude, complémenter des idées chapardées ici et là chez ses confrères réalisateurs. Si Kill Bill et Inglourious Basterds empruntent plusieurs éléments au Death Rides a Horse de Giulio Petroni - le leitmotiv visuel superposant regards et souvenirs sous un filtre rouge pour le premier et l'une des musiques d'Ennio Morricone pour le second, par exemple – son Django Unchained se démarque totalement de la production hollywoodienne des années trente à cinquante tout comme des westerns spaghetti apparus aux portes des sixties en traitant de plein front la thématique de l'esclavagisme.

 

Par son ton résolument raciste et l'usage immodéré du fameux terme incriminé - « Nigger ». Répété dans les deux mille fois. Au bas mot! - Tarantino s'est attiré certains reproches et la promesse d'un Spike Lee mécontent de boycotter son film. Et à vrai dire, la réputation de provocateur qui colle à la peau du réalisateur ne fait que se confirmer, car dès le début, les afro-américains sont présentés enchaînés, traités comme des animaux (réalité historique défendront certains. Une fois n'est pas coutume, on se souvient de son dernier film.), mais Tarantino se complaît dans l'excès en faisant marcher les prisonniers des premiers plans comme des primates, en infantilisant systématiquement toute personne de couleur venant à se présenter à l'écran (par le truchement de grimaces perplexes notamment) ou encore en encombrant les scènes intérieures d'individus immobiles habillés de couleurs ternes qui se fondent dans le décor comme des meubles. C'est franchement limite. Cette exagération atteint des sommets avec le personnage incroyable de Samuel Leroy Jackson ou une démonstration phrénologique scandaleuse venant expliquer les raisons de l'asservissement de toute une ethnie. D'ailleurs, la seule astuce que Tarantino semble avoir trouvé pour traduire la perfidie de ses villains est de les rendre encore plus racistes que le reste du casting.

 

Christoph Waltz, confirme encore une fois son talent avec sa performance inénarrable d'ancien dentiste allemand reconverti en chasseur de primes bavard, tandis qu'à ses côtés Jamie Foxx manque de saveur dans son rôle d'esclave affranchi réservé et prêt à tout pour sauver sa femme (on ressent même comme un vide à la fin du film...). Enfin, tout comme Sergio Leone fit le pari fou d'attribuer à Henri Fonda le rôle de Frank pour le film Once Upon a Time in the West, Tarantino a choisi d'attribuer le rôle du personnage antagoniste à un acteur habitué aux « bons rôles »: Leonardo DiCaprio étonnant en raciste irascible amateur de combats d'esclaves.

 

Avec une pincée de superbes gros plans, un tout qui se tient relativement bien, malgré des scènes tombant clairement dans le registre des productions de série B (fusillades sanguinolentes aux teintes orangées entre autres) et une tendance à faire vociférer à en exploser le tympan les personnages sur le point de trépasser, Django Unchained poursuit la liste des films d'un Tarantino distrayant, mais toujours incapable de faire mieux que Pulp Fiction.

Bande annonce & Vidéos

10 Photos

« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »« Django Unchained (2012) »

Fans



Cette fiche/critique a été consultée 1120 fois