






« Il faut aimer l’amour et les romances pour passer dix hivers à Venise, avec Camilla et Silvestro, les personnages de Valerio Mieli. Sortant d’une école de cinéma, le jeune scénariste et réalisateur italien a conçu un long métrage très professionnel, et pourtant trop scolaire. Les images sont techniquement bien filmées, mais sans particularités. Le scénario évite attentivement les excès : il n’est pas trop mielleux, il n’est pas trop déroutant. Certaines scènes surprennent un peu, mais d’autres sont tristement prévisibles. Tout tourne autour des deux amoureux. Sans être inconsistants, les personnages secondaires sont surtout fonctionnels, fabriqués pour faire rebondir l’intrigue principale. Et les deux amoureux vivent des aventures qui se répondent soigneusement. Dès le premier plan qui les rassemble à l’écran, le spectateur remarque qu’ils sont créés l’un pour l’autre, à cause de leurs bagages qui se ressemblent. Les trucs de scénariste et de réalisateur sont trop visibles pour que tous les éléments qui constituent le film fusionnent, sous le regard du public, en une impression d’ensemble forte et homogène.
Au fond, l’originalité du film réside dans sa structure. Comme dans toute romance, c’est d’abord une rencontre, puis des complications, et enfin l’amour partagé. Cependant, cette progression globale est répétée, à petite échelle, pendant les dix années que dure l’histoire. Presque à chaque hiver, Camilla et Silvestro se retrouvent – souvent fortuitement – avant de se fâcher et de se séparer. Et chaque nouvelle rencontre est une variante de ce schéma. Il faut une certaine audace pour briser la linéarité traditionnelle du récit amoureux, et pour mettre en œuvre une narration si répétitive. Malheureusement, la répétition finit par agacer. Dix ans ! Dix ans pour que deux amoureux fous réussissent à se rapprocher vraiment alors que, en dernière analyse, rien de consistant ne les séparait ! »