






« Contrairement à la nôtre, la culture iranienne est profondément liée avec la notion de communauté et celle-ci se retrouve dans son cinéma. Chez nous, le scénario a tendance à privilégier le modèle théâtral dans lequel chaque acteur a son temps de parole lorsque le précédent a terminé sa réplique. Au contraire dans certaines scènes de Darbareye Elly , et c’est là la première surprise du film, tous les acteurs s’expriment en même temps et une vivante cacophonie remplace le dialogue minuté dont nous avons l’habitude.
Asghar Farhadi choisit ici de s’exprimer sur les conséquences des mensonges et les situations délicates que ceux-ci peuvent entraîner, sur un fond de discours plutôt ambigu concernant la morale dans les relations de couple.
La mer tient ici un rôle symbolique: elle apparaît tantôt calme puis subitement agitée comme les personnages du film, tiraillés entre le rire et les larmes. Elle est faite de vagues qui se recréent en un mouvement perpétuel, jamais définitif, toujours indécis, comme le jugement que le groupe porte sur Elly alors qu’elle est absente. Le récit est construit à son image, les observations des personnages sont continuellement remises en question au gré des différents mensonges prononcés. »