






« Efficace et simple, Cyrus est une comédie qui se base sur une relation triangulaire entre un homme, une femme et le fils de celle-ci, tous trois interprétés par des acteurs au physique et au talent appropriés : John C. Reilly, Marisa Tomei et Jonah Hill. On dirait que les frères Jay et Mark Duplass ont évité tous les écueils : les sensibleries des comédies romantiques, les lieux communs des comédies « domestiques » ou « de voisinage » et les lourdeurs du vaudeville, alors que le film tient un peu de ces divers genres. Cyrus, qui repose sur le rééquilibrage d’une famille recomposée, est lui-même un chef d’œuvre de dosage et de justesse.
Le scénario solide est servi par une esthétique relativement moins cohérente. Les frères Duplass, qui appartiennent au cinéma américain indépendant, prétendent tourner le dos à Hollywood pour filmer un quartier résidentiel et moins glamour de Los Angeles, où vivent des Américains moyens, dans un style quasi documentaire. Cela fonctionne peut-être au niveau de l’interprétation : selon l’acteur John C. Reilly, le tournage s’est fait sans script et les acteurs ont souvent improvisé, au bénéfice d’un jeu plus libre et plus sincère. La photographie emprunte au style documentaire quelques techniques – caméra portée à l’épaule, mouvements inattendus… –, mais aussi quelques tics agaçants, comme la multiplication de petits « zooms avant » pour redéfinir le cadre en fonction de l’action. Au niveau du montage, les plans se succèdent d’une manière classique qui ne diffère en rien d’Hollywood : selon une dynamique de type question/réponse, action/réaction, champ/contrechamp… Le cinéma « indie » américain n’a pas toujours l’originalité formelle à laquelle il prétend. »