






« Anton Corbijn, photographe de formation, à l’origine des clichés les plus célèbres de Joy Division, était sans doute le plus à même pour mettre la vie de Ian Curtis en images. Ayant participé au façonnement du visuel sombre et froid du groupe, Corbijn le retranscrit aujourd’hui à merveille dans ce film qui ne pouvait qu’être en noir-blanc. Cette ambiance en totale adéquation avec l’imagerie du groupe ravit le fan. A la foisonnante précision documentaire fait écho l’utilisation de la musique, véritable révélateur de la trame. A cela s’ajoute la prestation de Sam Riley qui, sans faire beaucoup plus que promener sa dégaine, parfaite, habite réellement son personnage.
Si Control est, à n’en point douter, un film sur le rock, il ne s’y résume point, loin s’en faut. Réalisant l’enjeu de ne pas se destiner aux seuls admirateurs de Joy Division, il met avant tout en scène l’histoire tragiquement banale et humaine d’une personne qui, dans une fuite en avant désespérée, se perd et perd le contrôle. Dépassant la seule dimension proprement documentaire, Corbijn parvient ainsi à livrer un film sobre et profond. »