






« Rien ne se propage comme la peur. Tel est le slogan qui jouxte le titre du nouveau film de Steven Soderbergh, Contagion.
De retour de Hong Kong, Beth Emhoff (Gwyneth Paltrow) tombe subitement malade et meurt presque aussitôt. Un intertitre affiche de manière intrigante la mention « deuxième jour ». Les jours suivants, d’autres cas se révèlent et le nombre de victimes augmente à une vitesse folle. Les organisations de santé mettent sur pieds les plans d’urgence, tentent de découvrir l’origine du virus et s’activent dans la recherche d’un vaccin.
Si la propagation du virus se fait de manière inouïe, il en est une autre qui la surpasse largement. Celle de la peur. Malgré le singulier du titre, le terme Contagion est donc à comprendre au pluriel : contagion d’un virus dévastateur, sous le nom scientifique et anodin de MEV-1, et contagion de la peur générale qui lui fait effet. C’est sur ce principe d’ambivalence que s’appuie le scénario bien ficelé et lui aussi multiple du film de Soderbergh, alternant les espaces et les histoires de chaque personnage avec une linéarité sobre et bien choisie. Il aurait été tentant de tomber dans l’excès de catastrophes et de pathos, qui vont généralement de pair dans ce genre de thriller, ainsi que dans l’enchevêtrement trop compliqué des différents récits, mais la ligne choisie par le réalisateur américain est au bénéfice d’un réalisme qu’il nous est facile d’admettre, surtout après les alertes de la grippe A de ces dernières années (H5N1 en 2004 et H1N1 en 2009).
Finalement, Contagion est non seulement doté d’un scénario accrocheur, conduit par un bon Soderbergh, mais il jouit aussi d’un casting hallucinant tant chez les femmes (Gwyneth Paltrow, Kate Winslet et Marion Cotillard) que chez les hommes (Matt Damon, Jude Law et Laurence Fishburne) et qui sont autant de raisons d’aller voir ce film. »