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Les américains sont forts pour transformer de réels problèmes sociaux actuels en des comédies plus ou moins subtiles qui, avec humour, tentent de résoudre divers maux psychologiques typiquement occidentaux. Le problème auquel s’attaque explicitement cette comédie – des plus lourdes, on préfère vous avertir – est le mobbing, ou le harcèlement moral, professionnel, que peut subir un employé de la part de son patron. On promet ainsi aux spectateurs qui rêvent d’un jour assassiner leur boss que cela risque bien, ici, d’être chose faite !
Mais ce qui compte, outre le problème et sa probable solution, sur laquelle on reviendra (vont-ils finalement devenir calife à la place du calife ? Ou vont-ils accepter leur poste minable pour le restant de leur jour ? Peut-être devraient-ils arrêter de travailler ?), c’est la manière de le traiter. Or, ici, le scénario, un peu alambiqué, nous réserve peu de bonnes surprises, les trois acteurs principaux ne sont pas transcendants (ils n’arrêtent pas de papoter vainement et d’enchaîner tant de blagues que l’on se perd dans ce qui devient rapidement un bavardage inutile), et la lourdeur pornographique des dialogues nous laisse un peu perplexes (question de goût, éventuellement…). Le dernier tiers du film parvient toutefois à provoquer quelques rires, alors que nos personnages s’enfoncent dans une situation de plus en plus absurde et comique.
Mais revenons à ce problème du mobbing. Le film en parle-t-il vraiment? Si oui, quelle solution y apporte-t-il ? En effet, au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans une histoire de plus en plus abracadabrante pour les besoins du scénario et du gag par seconde, on s’éloigne du thème, pour finir par quelque chose comme une happy end un peu cynique. Alors que nous dit, au fond, ce film ? A mon avis quelque chose comme cela : venez voir ce film pour oublier votre patron pendant 1h40 mais sachez qu’il restera votre patron, continuera à vous mobber, et qu’il n’y a aucune raison pour que quoi que ce soit ne change. Comme souvent donc, à Hollywood, c’est un certain cynisme nappé d’une happy-end douteuse qui conclut l’affaire. Dommage. »