






« Captain America est un super héros inventé en 1941, soit en pleine deuxième guerre mondiale, par le célèbre auteur de comics Jack Kirby (créateur également des Quatre Fantastiques, de l'Incroyable Hulk, des X-Men). Depuis, et à chaque crise que traverse les Etats-Unis, le super héros le plus patriotique de l’histoire réapparait dans l’industrie américaine du divertissement pour sauver le pays et redonner courage à son peuple. Sauf que cette fois, la crise financière mondiale ne semble pas directement résoluble par les supers muscles scientifiquement manipulés de Steve Rogers… Quoi que ?
L’intrigue se déroule durant la seconde guerre et les méchants possèdent des caractéristiques très bande dessinées : le chef a un visage tout rouge, ses acolytes ont des masques en cuir noir et des fusils lasers. C’est que Captain America ne se bat pas contre les nazis ou contre Hitler (peu de contextualisation historique) mais assez explicitement contre le diable et contre le mal. On insiste ainsi à une série de scènes d’actions très bien réalisées (dont la course poursuite brillamment écrite où Captain, tout juste sorti du laboratoire, poursuit à travers Brooklyn et à pied nu le méchant allemand qui détient « le sérum ») ; et l’on se prend à plusieurs reprises en pleine figure, avec plaisir ou agacement, c’est selon, le nouveau bouclier en métal super résistant du Captain (vive la 3D). A noter aussi, le personnage du général, joué par un Tommy Lee Jones plutôt drôle, et la nullité du personnage féminin interprété par Peggy Carter.
Mais ce qui nous intéresse ici, c’est cette idée, qui apparaît à peu près à la moitié du film, que Captain va prendre un soldat de chaque grande nation européenne pour fonder une unité d’élite et combattre l’ennemi (on les reconnait vite car l’Anglais boit de le bière et a une moustache, le Français parle vite avec une voix aigue, etc…) Ainsi réunis sous l’égide américaine, c’est l’occident que l’on veut nous présenter comme soudé contre le mal. Car Captain America est un film fondamentalement idéaliste, qui veut absolument nous faire croire que le mal actuel existe, qu’il a une sale gueule toute rouge, et qu’ensemble et grâce aux supers pouvoirs de l’Amérique nous le vaincrons. Vaincrons ? Le réalisateur John Huston, plus malin que ça, achève son film de façon assez intrigante (on n’en dira pas plus) et semble nous avouer à la fin que si l’ennemi existe, il est peut-être impalpable et que même si Captain existe toujours et qu’il faut croire en lui, il risque d’être un peu perdu dans notre monde contemporain… »