






Très étrange produit que les frères Taviani nous proposent cette année. On s’imagine d’abord que, en nous racontant la façon dont un groupe de prisonniers montent une pièce de théâtre, on pourra vivre avec eux la façon dont ceci leur permet de sortir de leur quotidien carcéral (et c’est aussi ce que nous fait conclure la fin du film). Or, à la place de cela, c’est plutôt à la suite des répétitions dans divers décors que l’on assiste, lors desquelles ces acteurs d’un jour vocifèrent le Jules César de Shakespeare avec un sérieux et une incroyable flamme qui, si on l’excuse car provenant de comédiens visiblement amateurs, n’en laisse pas moins de rapidement nous casser les oreilles.
La réalité carcérale de cette prison italienne n’étant pas du tout approfondie mais plutôt représentée sous la forme de petites anecdotes et mise en relation de façon fort superficielle avec la pièce qu’ils préparent, on se demande si l’on regarde des prisonniers avec lesquelles on partage la joie d’une libération, où si, plus simplement, on est prisonnier de fort mauvais acteurs qui nous récitent librement leur texte.
On se demande donc ce qu’ont voulu faire nos deux cinéastes… sans vraiment espérer de réponse.