






« Le film s’ouvre avec un attentat commis à Manchester, sous fond d’Islam et de guerre sainte contre les infidèles. La CIA et ses alliés désirent arrêter le jihadiste à la tête de l’organisation qui les a commis. A la poursuite de cet homme nous trouvons di Caprio en agent secret camouflé au sein de la population ainsi que les satellites américains qui peuvent suivre à la trace les éventuels terroristes, tel l’œil de Big Brother dans le roman de George Orwell. Mais très vite, la situation s’envenime et il faudra ruser pour parvenir jusqu’au chef de la meute.
Comment ne pas regretter que Ridley Scott, que l’on avait connu talentueux et subtil, se mette à nous montrer les stéréotypes les plus vils du cinéma de ce début de siècle ? Il ne semble pas y avoir la moindre once de nuance dans ce qu’il nous montre, les Arabes sont les méchants et les vicieux – encore que l’on découvre des séances de tortures auxquelles Leo avait participé – ils sont ceux que l’Amérique doit anéantir dans son combat entre le bien et le mal. Seule la belle infirmière altruiste et le bon – mais susceptible – chef des services secrets jordaniens échappent à la catégorisation dans l’axe du mal. Les autres meurent avant d’avoir pu montrer quoi que ce soit.
Cette idéologie américaine manquant de nuance et faisant l’apologie d’une idéologie nous semble tout à fait discutable. Malgré ces défauts, Morgan Spurlock dans le très récent Where in the world is Osama Bin Laden ? nous montrait les efforts encore à accomplir pour que l’Est et l’Ouest parviennent à se comprendre. Ridley Scott et son scénariste, William Monahan ne cherchent pas à comprendre, le monde est, pour eux, blanc ou noir, un ultime éloge à W. ? On n’ose y croire. »